L'opposition thaïlandaise demande l'annulation des élections
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BANGKOK (Reuters) - La principale formation de l'opposition thaïlandaise, le Parti démocrate, a saisi la justice mardi pour tenter d'obtenir l'annulation des élections législatives qui ont eu lieu dimanche.
Deux plaintes devaient être déposées devant la Cour constitutionnelle, a déclaré à Reuters le porte-parole du mouvement, qui a boycotté le scrutin.
"La première concerne directement les élections. Nous soutiendrons qu'elles ont violé la Constitution, en particulier l'article 68 qui interdit aux individus de saper la monarchie constitutionnelle et de tenter de prendre le pouvoir par des moyens anticonstitutionnels", a précisé Chavanond Intarakomalyasut.
"Dans une plainte distincte, nous réclamerons la dissolution du Puea Thai (le parti de la chef du gouvernement, Yingluck Shinawatra-NDLR) pour avoir proclamé l'état d'urgence, ce qui signifiait que les élections ne pouvaient se tenir dans des circonstances normales."
La Commission électorale, qui dit avoir entamé l'examen des recours, doit se réunir mercredi pour évoquer les incidents qui se sont produits avant et pendant le scrutin.
Les élections législatives anticipées, organisées à la suite de la dissolution du Parlement par Yingluck Shinawatra, se sont globalement déroulées dans le calme. Mais elles ont été fortement perturbées par le mouvement de contestation. Dans 28 circonscriptions, aucune candidature n'a pu être présentée du fait d'un blocus en décembre des centres d'enregistrement. Elles feront l'objet d'élections partielles ultérieures.
LA CHINE N'A PLUS CONFIANCE
D'après des données provisoires publiées lundi, le vote n'a pu se tenir dans neuf des 77 provinces du pays et a été perturbé dans 67 des 375 circonscriptions. Dans les 66 autres provinces, la participation a été de l'ordre de 46% des inscrits.
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Le gouvernement, qui a décrété l'état d'urgence le mois dernier à Bangkok pour tenter de mettre fin au mouvement de contestation entamé en novembre, a subi mardi un cuisant revers sur le front économique.
Le ministre du Commerce a annoncé l'annulation d'une commande chinoise de 1,2 million de tonnes de riz en raison de soupçons de corruption et plusieurs bailleurs ont refusé de prêter les fonds nécessaires pour compenser ce revers.
"La Chine n'a plus suffisamment confiance pour faire des affaires avec nous depuis que la commission nationale anticorruption enquête sur la transparence des ventes de riz (...)", a déclaré à la presse Niwatthamrong Bunsongphaisan.
Depuis le début de la contestation, les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait dix morts et près de 600 blessés.
Le conflit, qui dure en réalité depuis huit ans, oppose la classe moyenne et les notables royalistes de Bangkok aux partisans, souvent pauvres et vivant dans les campagnes, de Yingluck Shinawatra.
Les contestataires entendent débarrasser la Thaïlande de l'influence politique de la famille Shinawatra. Ils accusent Yingluck d'être manipulée par son frère, qui s'est exilé pour échapper à la justice après avoir été condamné à une peine de prison pour corruption, et réclament la mise sur pied d'un "conseil populaire" non élu pour réformer le système politique.
Amy Sawitta Lefevre; Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service français
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