La CPI s'accorde un délai pour le procès de d'Uhuru Kenyatta
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LA HAYE (Reuters) - Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) se sont accordé mercredi un délai de quelques semaines avant de se prononcer sur la poursuite du procès du président kényan Uhuru Kenyatta.
Ils ne se sont prononcés ni sur la requête d'un gel des procédures formulée par l'accusation si sur la demande d'un abandon des charges présentée par la défense.
Uhuru Kenyatta est accusé de crimes contre l'humanité pour sa responsabilité présumée dans des violences à caractère ethnique qui ont fait 1.200 morts et des milliers de déplacés après les élections de décembre 2007. Il rejette cette accusation.
Les procureurs se plaignent d'un manque de coopération du Kenya, qu'ils accusent de pratiquer une "pure obstruction" en ne transmettant pas des documents qu'ils réclament de longue date. Ils souhaitent notamment avoir accès aux relevés de compte d'Uhuru Kenyatta, grâce auxquels ils espèrent montrer que l'actuel président a versé indirectement d'importantes sommes d'argent aux auteurs des violences post-électorales.
Les procureurs demandent donc aux juges de déclarer que le Kenya ne remplit pas ses obligations auprès de la CPI et d'ajourner le procès dans l'attente d'une future coopération après une éventuelle alternance politique dans ce pays.
Les avocats d'Uhuru Kenyatta considèrent pour leur part que les procureurs sont incapables de monter un dossier d'accusation solide et qu'ils se défaussent sur le gouvernement kenyan pour masquer leur échec.
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L'ouverture du procès a été reportée pour la quatrième fois lorsque les procureurs ont annoncé le 31 janvier que le retrait d'un nouveau témoin les conduisait à demander un délai supplémentaire pour préparer leur accusation.
Ils ont imputé ces désistements à un "climat de peur" et des manoeuvres d'intimidation du pouvoir kényan.
Le procès d'Uhuru Kenyatta, élu en 2013, suscite de vives critiques en provenance des pays africains, qui s'estiment visés plus que tout autre continent par la CPI, perçue comme un instrument des pays occidentaux.
Thomas Escritt; Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour le service français
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