Moscou juge inopportune une résolution humanitaire sur la Syrie
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Moscou juge inopportune une résolution humanitaire sur la Syrie
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par Michelle Nichols
NATIONS UNIES (Reuters) - La délégation russe aux Nations unies a déclaré mercredi qu'il n'était pas opportun pour le moment de vouloir faire adopter par le Conseil de sécurité une résolution sur l'aide humanitaire en Syrie.
"Nous sommes opposés à l'examen d'une résolution au Conseil de sécurité à présent. Je ne peux être plus clair. Ce n'est pas le bon moment pour débattre d'une résolution au Conseil de sécurité", a déclaré l'ambassadeur de Russie à l'Onu, Vitali Tchourkine.
D'après les Nations unies, quelque 9,3 millions de Syriens, près de la moitié de la population du pays, ont besoin d'une aide humanitaire. Or l'acheminement de l'assistance se heurte aux difficultés liées à la guerre mais aussi à des obstacles bureaucratiques émanant notamment du gouvernement syrien.
Le 2 octobre dernier, après des mois de discussions, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration non contraignante appelant à un accès facilité pour les agences humanitaires.
Mais le texte n'a produit guère plus que des avancées administratives mineures comme l'octroi de visas aux équipes humanitaires ou d'autorisations pour des convois.
Aucun progrès de fond n'a été en revanche enregistré, notamment pour l'accès à des communautés assiégées ou isolées par les combats ou pour la démilitarisation des écoles et des hôpitaux.
La première session des pourparlers de paix syro-syriens qui s'est tenue la semaine dernière à Genève n'a pas permis d'aboutir à un accord sur l'acheminement d'une aide humanitaire aux quelque 2.500 Syriens piégés dans la vieille ville de Homs, dans le centre du pays.
Face à cette situation, des nations occidentales et arabes envisagent de préparer une résolution contraignante.
Un projet de texte, dit-on de sources diplomatiques occidentales, pourrait être mis en circulation dès la fin de la semaine. Il reprendrait la plupart des éléments de la déclaration d'octobre, mais leur conférerait une autorité contraignante.
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"Nous pensons que c'est une mauvaise initiative", a insisté Tchourkine.
A trois reprises depuis le début de la crise en Syrie, en mars 2011, la Russie et la Chine ont opposé leur droit de veto à des projets de résolution. Hormis les textes créant la Mission de supervision de l'Onu en Syrie (Misnus), le Conseil de sécurité n'a adopté qu'une seule résolution portant sur la crise en Syrie, la 2118, qui a entériné en septembre dernier l'accord négocié par Moscou et Washington sur l'élimination des armes chimiques syriennes.
"Nous sommes décidés à poursuivre", a indiqué un diplomate de haut rang en poste au siège de l'Onu. "Nous ne visons pas un veto russe, nous visons une résolution à laquelle tout le monde pourra souscrire. C'est ce que nous voulons."
Henri-Pierre André pour le service français
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