Vibrant appel de David Cameron contre l'indépendance écossaise
reuters.com
reuters.com
par Andrew Osborn
LONDRES (Reuters) - David Cameron a lancé vendredi un vibrant appel aux Ecossais pour les convaincre de se prononcer contre l'indépendance lors du référendum prévu le 18 septembre, les mettant en garde contre l'affaiblissement politique et économique qui en résulterait pour la Grande-Bretagne.
S'exprimant à Londres, le Premier ministre britannique s'est livré à un plaidoyer passionné pour la défense des intérêts du Royaume-Uni qui réunit l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Ecosse et l'Irlande du Nord.
"Nous serions profondément diminués sans l'Ecosse", a estimé David Cameron dans un discours prononcé dans le vélodrome qui avait abrité les épreuves de cyclisme sur piste lors des Jeux olympiques de 2012.
"Ensemble, nous possédons un siège au Conseil de sécurité de l'Onu, nous avons une réelle influence à l'Otan et en Europe et le prestige d'accueillir des événements comme le G8", a-t-il rappelé.
"Ne vous y trompez pas: nous comptons plus en tant que Royaume-Uni -politiquement, militairement, diplomatiquement et culturellement aussi.
"Si nous perdions l'Ecosse, si le Royaume-Uni changeait, nous nous couperions nous-mêmes l'herbe sous le pied", a-t-il encore jugé.
L'Ecosse, qui compte cinq millions d'habitants et possède des ressources pétrolières en mer du Nord, doit se prononcer le 18 septembre pour savoir si elle souhaite mettre fin à 307 années d'union avec l'Angleterre.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pour David Cameron, une victoire du "oui" menacerait la stabilité de la Grande-Bretagne et l'investissement direct étranger dans le pays.
"Nous sommes tout simplement plus forts en tant qu'entité élargie", a-t-il affirmé. "La stabilité constitue un puissant attrait pour les investisseurs. L'an passé, nous avons été la première destination en Europe pour les investissements directs étrangers. C'est une marque d'approbation de notre stabilité et je ne veux pas mettre cela en danger".
ÉLECTEURS INDÉCIS
Selon les spécialistes, l'indépendance poserait également un problème pour l'avenir des sous-marins nucléaires britanniques -basés en Ecosse- et pourrait affaiblir la prétention de Londres à conserver son siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies et réduire son influence au sein de l'Union européenne.
Dans son entourage, on indique en outre que David Cameron ne veut pas rester dans l'histoire comme le Premier ministre britannique qui aura perdu l'Ecosse.
Mais il reconnaît que son affiliation à la droite britannique ne facilite pas les choses, les Ecossais étant traditionnellement plus à gauche que les Anglais.
D'après les sondages d'opinion, si le vote avait lieu aujourd'hui, le "non" l'emporterait. Mais l'importante proportion d'électeurs indécis laisse planer un fort doute sur l'issue du référendum, dans sept mois.
Alex Salmond, leader du Parti national écossais prônant l'indépendance, a critiqué le fait que David Cameron ait prononcé son discours à Londres et non en Ecosse. Il a également proposé au Premier ministre un débat contradictoire.
"Je ne pense pas que ce soit un Premier ministre s'exprimant pour la Grande-Bretagne, je ne pense pas qu'il parle au nom de l'Angleterre, je pense qu'il parle au nom d'une élite de Westminster qui est totalement ignorante des réalités", a dit Salmond.
Une enquête d'opinion réalisée en février montre que la majorité des Anglais et des Gallois souhaitent un maintien des Ecossais dans le Royaume-Uni.
David Cameron a exhorté ses compatriotes à lancer, eux aussi, un appel aux Ecossais pour leur dire: "nous voulons que vous restiez".
Avec Estelle Shirbon et William James; Henri-Pierre André et Pierre Sérisier pour le service français
reuters.com