Retour progressif au calme en Bosnie
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Retour progressif au calme en Bosnie
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par Maja Zuvela et Matt Robinson
SARAJEVO (Reuters) - Le calme semblait revenir progressivement en Bosnie samedi après trois jours de manifestations violentes contre le chômage, l'inaction politique et la corruption dans cette ancienne république de la Fédération yougoslave.
De petits défilés ont été organisés dans la capitale Sarajevo et dans la ville de Bihac dans le nord-ouest du pays, où des manifestants ont lancé des pierres sur la demeure du chef du gouvernement cantonal.
Mais ces démonstrations étaient sans commune mesure avec les émeutes qui ont fait plusieurs centaines de blessés, principalement des policiers.
A Tuzla, épicentre de la contestation, certains ont participé au nettoyage des dégâts commis dans les locaux du gouvernement local.
"Je suis content que nous ayons fait ça", a commenté Sanela Fetic, un chômeur de 35 ans, qui a pris part aux manifestations et qui est venu spontanément aider au nettoyage.
"Maintenant on va nettoyer ce désordre comme on va nettoyer la classe politique qui a provoqué tout ça", a-t-il ajouté.
Les violences se sont déclarées mercredi à Tuzla après l'annonce de la fermeture d'une usine dans ce centre industriel autrefois prospère. Elles ont ensuite gagné Sarajevo et plusieurs autres villes du pays.
Pendant de nombreuses années, la crainte de voir se ranimer le conflit qui dévasta le pays entre 1992 et 1995 a pesé sur les revendications de la population face à la mauvaise situation économique du pays et face à l'inertie du système politique partagé entre les différentes communautés, serbe, croate et musulmane.
SOUVENIR DE LA GUERRE
A Sarajevo, le bâtiment de la présidence a été incendié par les manifestants ainsi que le siège du gouvernement cantonal, provoquant la destruction d'une partie des archives nationales.
Pour certains habitants de la capitale, les dégâts ont ranimé le souvenir de la guerre civile et du siège de la ville par les forces serbes pendant 43 mois.
Les bombardements serbes sur Sarajevo auraient fait environ 10.000 morts sur les 100.000 estimés pendant la durée du conflit entre 1992 et 1995.
La résolution du conflit s'est soldée par l'instauration d'un Etat fortement décentralisé et divisé en deux républiques autonomes réunies sous la tutelle d'un gouvernement disposant de peu de pouvoirs.
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La Fédération bosniaque et croate qui représente la principale entité du pays est elle-même partagée en 10 cantons dotés chacun d'un Premier ministre et d'un gouvernement.
Pour certains habitants de Sarajevo, le recours à la force est le seul langage que peuvent comprendre les dirigeants.
"Cela devait se produire. S'ils avaient été malins, cela ne se serait pas produit", a commenté Mirsad Dedovic, 56 ans. "Une partie de moi est désolée quand je vois ce qui s'est passé hier. Et d'un autre côté, je me dis que tant pis".
Pierre Sérisier pour le service français
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