Madrid veut juger l'ex-président chinois pour génocide au Tibet
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MADRID (Reuters) - Le juge de la Cour suprême espagnole a demandé lundi que soit émis un mandat d'arrêt international contre l'ancien président chinois Jiang Zemin, contre l'ancien Premier ministre Li Peng et d'autres dirigeants pour génocide au Tibet.
Le juge Ismael Moreno a formulé cette demande et fait droit à la requête d'associations de défense des droits de l'homme suivant le principe que les crimes contre l'humanité peuvent être instruits sans tenir compte des frontières nationales.
C'est en suivant le même principe que l'ancien juge espagnol Baltasar Garzon avait permis l'arrestation de l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet à Londres en 1998.
Pinochet avait finalement été autorisé à rentrer dans son pays pour des raisons de santé.
"Jiang exerçait une autorité de contrôle sur un peuple qui a directement commis ces abus et cela le rend responsable des actes de torture et d'autres violations majeures des droits de l'homme commises par ses subordonnés contre le peuple tibétain", affirme le juge Moreno dans son arrêt.
Le juge demande à Interpol d'émettre un mandat d'arrêt exigeant la capture et l'emprisonnement de Jiang pour génocide, torture et crimes contre l'humanité.
Des demandes similaires sont formulées contre Li Peng et d'autres dirigeants chinois au pouvoir dans les années 80 et 90.
Le ministère chinois des Affaires étrangères avait appelé vendredi l'Espagne à mettre fin à ces procédures judiciaires cherchant à démontrer des abus présumés commis par les Chinois dans la région du Tibet.
L'affaire avait été présentée en Espagne en 2006 par deux associations de soutien à la cause tibétaine et un moine de nationalité espagnole.
Fiona Ortiz; Pierre Sérisier pour le service français
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