Le Parlement italien refuse la destitution de Napolitano
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ROME (Reuters) - Une commission du Parlement italien a bloqué mardi une procédure de destitution de Giorgio Napolitano engagée par le Mouvement 5-Etoiles (M5S) de Beppe Grillo, ce qui n'a pas mis fin aux attaques de l'opposition contre le chef de l'Etat.
Le M5S, mouvement hostile à la classe politique traditionnelle, et Forza Italia, la formation de centre droit relancée par Silvio Berlusconi, accusent Giorgio Napolitano d'avoir outrepassé ses prérogatives constitutionnelles en préparant l'arrivée à la tête du gouvernement de Mario Monti plusieurs mois avant la démission de Silvio Berlusconi à l'automne 2011, au paroxysme de la crise dans la zone euro.
Ils affirment en outre que le chef de l'Etat, désormais âgé de 88 ans, a agi de connivence avec la chancelière allemande Angela Merkel.
Ils s'appuient sur des extraits parus dans la presse d'un ouvrage à paraître relatant le déroulement de la crise de 2011, au cours de laquelle le coût de la dette italienne s'est envolé au point de contraindre à la démission Silvio Berlusconi, à la satisfaction de la plupart des autres dirigeants européens, et à son remplacement par Mario Monti, lui-même nommé à la tête d'un gouvernement de techniciens.
Cité dans cet ouvrage, Mario Monti confirme lui-même que Giorgio Napolitano lui a donné "des signes allant dans cette direction" dès juin ou juillet 2011.
PÉTITION
Les élus de Forza Italia se sont toutefois abstenus mardi lors du vote en commission parlementaire sur la motion du M5S.
"Nous voulons la vérité. Nous en avons assez de cette histoire montée par les soi-disant vainqueurs, de cette histoire montée par l'Allemagne d'Angela Merkel et par cette Europe dirigée par l'Allemagne", a néanmoins déclaré le président du groupe Forza Italia à la Chambre des députés, Renato Brunetta, à l'antenne de la chaîne de télévision Canale 5.
Le M5S a pour sa part annoncé qu'il allait désormais tenter de recueillir les signatures nécessaires à une pétition dont le but sera de contraindre le Parlement à examiner un texte de destitution de Giorgio Napolitano.
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En tant que président du Conseil, Mario Monti a mis en oeuvre une politique d'austérité approuvée notamment par l'Allemagne et destinée à rétablir les comptes publics de l'Italie.
Cette politique impopulaire a été poursuivie par son successeur Enrico Letta, nommé à la tête d'un gouvernement de large entente entre la gauche, le centre et une partie de la droite à la suite des élections de février 2013.
Si le livre à paraître relate des événements vieux de plus de deux ans, il fragilise tout de même un peu plus le gouvernement d'Enrico Letta en raison du soutien que lui apporte Giorgio Napolitano.
Le président du Conseil a qualifié les attaques contre le chef de l'Etat de "tentative indigne de déformer la réalité".
Roberto Landucci, Bertrand Boucey pour le service français
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