Le président iranien favorable au nucléaire civil
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par Mehrdad Balali
DUBAÏ (Reuters) - Le président iranien Hassan Rohani a dénoncé mardi, lors d'un discours prononcé à l'occasion du 35e anniversaire de la Révolution, la menace militaire brandie par les puissances occidentales, tout en affirmant qu'il n'était pas question de mettre un terme au programme nucléaire civil du pays.
Le président, considéré comme modéré, a également critiqué les sanctions imposées par les capitales occidentales, qu'il juge "brutales, illégales et injustes".
"Je le dis sans détour aux personnes en proie à des délires selon lesquelles l'option militaire est sur la table: ils feraient mieux de changer de lunettes (...). Notre pays voit les menaces comme grossières et choquantes", a-t-il dit.
"Je veux dire expressément que la marche de la nation iranienne vers le progrès scientifique et technique, y compris en matière de nucléaire civil, durera éternellement", a-t-il ajouté.
Par la voix de plusieurs de ses représentants, Téhéran a régulièrement reproché au secrétaire d'Etat américain, John Kerry, de continuer à évoquer l'hypothèse d'une intervention militaire contre les sites nucléaires iraniens.
Le chef de la diplomatie américaine avait déclaré le 23 janvier à la chaîne de télévision Al Arabiya que "l'option militaire des Etats-Unis était prête", si l'Iran devait violer l'accord provisoire sur le nucléaire.
Le pays a signé en novembre avec six grandes puissances, le groupe P5+1, cet accord aux termes duquel il s'engage à suspendre certaines de ses activités nucléaires en échange d'un allègement des sanctions internationales.
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Le groupe P5+1, soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu plus l'Allemagne, et l'Iran se retrouveront le 18 février à Vienne, au siège de l'AIEA, pour une nouvelle session de négociations.
Si les grandes puissances s'assoient à la table des discussions avec des intentions pacifiques et le souci de l'intérêt général, l'Iran agira de la même façon, selon Hassan Rohani.
"EFFACER L'IMAGE NÉGATIVE DE LA RÉVOLUTION"
A Téhéran, les tenants de la ligne dure ont abondamment dénoncé cet accord, et plus généralement la politique étrangère d'Hassan Rohani depuis son élection à la présidence, au mois de juin.
La plus haute autorité du pays, le guide suprême de la Révolution Ali Khamenei, a soutenu jusqu'à présent l'accord.
Selon Hassan Rohani, les pays voisins n'ont rien à craindre de l'Iran.
"Nous avons souhaité que les personnes malveillantes en finissent avec leur stratégie de la peur, nous avons souhaité affirmé qu'il n'y avait aucune raison de craindre l'Iran dans la région (...). Nous devons effacer l'image négative de notre Révolution dans l'opinion publique mondiale", a-t-il dit.
L'Iran a toutefois procédé lundi au tir expérimental de deux nouveaux missiles de sa fabrication, dont l'un de longue portée.
Le ministre iranien de la Défense, Hossein Dehqan, a affirmé dans une interview donnée à l'agence de presse officielle IRNA que ces tirs pouvaient être perçus comme une réponse aux sommations des Etats-Unis.
Simon Carraud pour le service français, édité par Eric Faye
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