Letta promet des réformes en Italie avec Renzi en embuscade
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par James Mackenzie
ROME (Reuters) - Enrico Letta, président du Conseil italien, s'est engagé mardi à présenter de nouvelles mesures pour relancer l'économie et renforcer sa fragile coalition gouvernementale après plusieurs semaines de tensions avec le chef de son propre parti, Matteo Renzi.
Ce dernier, élu en décembre secrétaire du Parti démocrate (PD), reproche au gouvernement sa lenteur dans les réformes économiques. Il a déclaré que le gouvernement, fragilisé par sa diversité, ferait mieux de démissionner s'il n'est pas capable de plus d'efficacité.
Troisième économie de la zone euro, l'Italie peine à sortir de sa plus longue période de récession depuis la Seconde Guerre mondiale et à juguler un chômage atteignant des sommets qui n'avaient plus été connus depuis les années 1970.
Enrico Letta n'a pas précisé le contenu des réformes qu'il compte présenter mercredi. Il s'est toutefois dit certain du soutien du PD et des formations de moindre importance, issues du centre et du centre droit, qui lui sont alliées.
"Je proposerai un pacte de coalition centré essentiellement sur la question de la relance économique", a déclaré le président du Conseil.
A 39 ans, Matteo Renzi ne cache pas son ambition d'accéder un jour au poste de président du Conseil. Le maire de Florence, qui méprise ouvertement l'aile gauche du PD, assure cependant qu'il n'a pas l'intention de prendre maintenant la place d'Enrico Letta et que tout changement doit être la conséquence d'élections.
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Les rumeurs sur son arrivée prochaine à la tête du gouvernement ne cessent toutefois de prendre de l'ampleur. Une réunion de la direction du PD consacrée à l'avenir de la coalition gouvernementale, initialement prévue le 20 février, a été avancée à jeudi.
"CHANGER LES BATTERIES"
Au sein même de la coalition, certains évoquent ouvertement un changement de chef du gouvernement.
"J'espère que Letta fera preuve de la même générosité qu'il a toujours manifestée au cours de sa carrière politique en ouvrant la voie à une nouvelle phase et en proposant son propre poste", a déclaré Andrea Romano, président du groupe centriste Choix civique à la Chambre des députés.
"Le PD a la responsabilité principale de fournir un gouvernement au pays et Matteo Renzi a une énergie et un dynamisme en faveur du changement qu'il faut tester", a-t-il dit à la chaîne de télévision SkyTG24.
D'après un participant à une réunion entre Matteo Renzi et des députés du PD, le maire de Florence a déclaré: "Nous allons voir si les batteries du gouvernement peuvent être rechargées ou s'il faut les remplacer."
Signe des tensions politiques croissantes, le débat parlementaire prévu mardi sur une réforme du code électoral, jugé responsable du blocage consécutif aux élections de février 2013, a été reporté à la semaine prochaine.
L'incertitude quant aux intentions réelles de Matteo Renzi nourrit les spéculations au sein de la classe politique italienne, habituée aux manoeuvres byzantines.
"Ce n'est qu'une question de temps avant que Letta démissionne", prédit Stefano Fassina, du Parti démocrate.
Cet ancien vice-ministre de l'Economie avait quitté le gouvernement en raison de ses désaccords avec Matteo Renzi. Il considère désormais que ce dernier doit couper court aux rumeurs et prendre les commandes du pays.
"A mes yeux, la situation ne peut être réglée que si Renzi prend la tête du gouvernement", juge-t-il.
Certains proches de Matteo Renzi se méfient cependant de ces appels répétés en faveur de son accession à la présidence du Conseil. Ils y voient une volonté de nuire à ses chances de remporter de futures élections.
Avec Roberto Landucci, Bertrand Boucey pour le service français
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