Les dirigeants de Chypre pour un partage du pouvoir
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Reprise des discussions en vue de la réunification de Chypre
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Reprise des discussions en vue de la réunification de Chypre
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par Michele Kambas
NICOSIE (Reuters) - Les dirigeants des parties grecque et turque de Chypre sont convenus mardi, à la reprise des négociations en vue de la réunification de l'île, d'oeuvrer à la création d'un mécanisme de partage du pouvoir susceptible de mettre fin à un conflit pesant sur les relations entre la Turquie et l'Union européenne.
Nicos Anastasiades, président de la partie grecque de l'île seule reconnue internationalement, et Dervis Eroglu, son homologue de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), ont annoncé dans une déclaration commune leur objectif de parvenir à une fédération de deux entités permettant la réunification de Chypre.
"Les dirigeants ont exprimé leur détermination à reprendre des négociations structurées de manière à parvenir à des résultats", a déclaré Lisa Buttenheim, représentante spéciale de l'Onu à Chypre, en lisant la déclaration conjointe des deux dirigeants, présents à ses côtés.
Les termes de cette "feuille de route" ne diffèrent pas profondément de précédentes déclarations d'intention restées sans résultat.
Nicos Anastasiades et Dervis Eroglu, qui ne s'étaient pas vus depuis près d'un an et demi, vont désormais laisser leurs collaborateurs entrer dans les détails des discussions pour aboutir à un règlement définitif en vue de la réunification, ce qui prendra vraisemblablement plusieurs mois.
L'armée turque a envahi le nord de l'île en 1974 à la suite d'un coup d'Etat inspiré par le régime grec des colonels contre l'administration intercommunautaire mise en place en 1960 à l'indépendance de l'ancienne colonie britannique.
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La partie grecque, qui représente l'île au sein de l'UE, dispose à ce titre d'un droit de veto qui prive la Turquie de tout espoir d'intégrer l'UE.
TENSIONS CÔTÉ GREC
Des discussions infructueuses ont lieu depuis des années pour faire de Chypre un Etat formé de deux communautés autonomes sous la houlette d'un gouvernement central.
Le partage du pouvoir, la répartition des propriétés foncières et les revendications des milliers de personnes déplacées en raison du conflit constituent les principaux points à régler. Tout accord devra ensuite être soumis à référendum dans les deux parties de l'île.
Les négociations se déroulent sur la base de l'Onu, qui était autrefois le principal aéroport de l'île sur les hauteurs de Nicosie, la capitale divisée.
Du lieu où se déroulent les discussions, on peut voir la façade en ruines du terminal de l'aéroport et la carcasse criblée de balles d'un avion de la compagnie chypriote abandonné dans les combats.
Ces négociations de paix suscitent des tensions au sein de la coalition au pouvoir côté grec.
Les centristes du Parti démocrate jugent le texte de base trop favorable à la Turquie et menacent de quitter le gouvernement.
"La partie turque obtient l'essentiel de ce qu'elle réclame de longue date avant-même que les discussions n'aient commencé", s'est indigné Nicholas Papadopoulos, président de la formation et fils de l'ancien président Tassos Papadopoulos, qui s'est opposé à un plan de paix de l'Onu en 2004.
Le départ du Parti démocrate mettrait l'administration qui a négocié le douloureux plan de sauvetage des comptes publics avec l'UE et le Fonds monétaire international en situation délicate. Il pourrait même remettre en cause les réformes prévues en contrepartie des dix milliards d'euros alloués à Nicosie, mais les observateurs jugent le risque minime à ce stade.
Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey pour le service français
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