Ban Ki-moon prie Paris d'envoyer des renforts en Centrafrique
reuters.com

Ban Ki-moon prie Paris d'envoyer des renforts en Centrafrique
reuters.com
reuters.com

Ban Ki-moon prie Paris d'envoyer des renforts en Centrafrique
reuters.com
par Michelle Nichols
NATIONS UNIES (Reuters) - Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, a invité la France à accroître ses effectifs militaires en Centrafrique, où l'implication de la communauté internationale n'est pas encore à la hauteur de la gravité de la situation, dit-il.
Les affrontements entre musulmans et chrétiens continuent à s'aggraver et le cycles des représailles fait planer la menace d'un génocide, a souligné le diplomate.
"Les violences confessionnelles modifient la structure démographique du pays. Nous devons faire plus pour empêcher de nouvelles atrocités, pour protéger les civils, rétablir la loi et l'ordre, fournir une aide humanitaire et assurer l'intégrité du pays", a-t-il déclaré à la presse.
"La réponse internationale doit être solide avec un déploiement de force crédible (...) Elle doit être suffisamment vigoureuse pour faire cesser la violence et prévenir ce qui pourrait aboutir à davantage d'atrocités".
La présence des 1.600 militaires français de la force Sangaris et de 5.000 soldats africains de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) n'a pas permis de rompre le cycle violences qui ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés, soit un quart de la population.
L'Union européenne s'est engagée à envoyer 500 hommes supplémentaires et la présidente centrafricaine par intérim Catherine Samba-Panza a demandé la transformation de la Misca en mission des Nations unies, mais cette évolution qui semble "de plus en plus nécessaire" prendra du temps, a souligné Ban Ki-moon.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"L'UNION AFRICAINE A UN PEU RECHIGNÉ"
"J'invite l'Union européenne à accélérer le déploiement de sa mission militaire. J'ai parlé hier avec le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius et j'ai demandé à la France d'envisager le déploiement de troupes supplémentaires. J'exhorte d'autres Etats membres à contribuer également."
Le secrétaire général de l'Onu a indiqué qu'il allait à nouveau s'entretenir le soir même avec Laurent Fabius après des conversations téléphoniques avec la présidente de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, et la présidente centrafricaine.
Le chef de la diplomatie française a quant à lui estimé que la mission de l'Onu devait prendre le relais des forces françaises, africaines et européennes avant la fin du premier semestre, selon Romain Nadal, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Le passage sous l'autorité des Nations unies permettra les ajustements nécessaires en termes d'effectifs, a-t-il ajouté, sans préciser si Paris avait l'intention d'envoyer des renforts.
Selon des sources diplomatiques, l'Union africaine souhaitait disposer d'un an pour faire ses preuves en Centrafrique.
"Il est vrai que l'Union africaine a un peu rechigné à une transformation immédiate en mission de maintien de la paix de l'Onu", a reconnu Ban Ki-moon, assurant que l'aggravation de la situation l'avait fait changer d'avis.
Edmond Mulet, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix se rendra cette semaine en Centrafrique pour évoquer cette transformation, a-t-il ajouté.
Avec John Irish, Jean-Philippe Lefief pour le service français
reuters.com