Le chef du gouvernement italien déterminé à rester à son poste
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Le chef du gouvernement italien entend rester à son poste
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par Roberto Landucci
ROME (Reuters) - Le président du Conseil italien, Enrico Letta, a affirmé mercredi qu'il comptait rester à son poste, malgré les critiques répétées du numéro un du Parti démocrate auquel il appartient, Matteo Renzi.
Ce commentaire du chef du fragile gouvernement de coalition a clos une journée tendue lors de laquelle les deux rivaux se sont rencontrés pendant plus d'une heure dans les bureaux d'Enrico Letta au palais Chigi.
"Si quelqu'un veut me remplacer, qu'il le dise ouvertement et qu'il me dise aussi ce qu'il veut faire. Je demande qu'on soit clair", a déclaré Enrico Letta devant la presse.
Enrico Letta a profité de cette conférence de presse pour dévoiler les grandes lignes d'un ensemble de réformes qu'il présentera jeudi à la direction du Parti démocrate (PD, centre gauche).
La réunion devrait ressembler à un bras de fer entre les deux hommes, à l'issue duquel le parti doit se prononcer sur la poursuite de son soutien à Enrico Letta.
En attendant, le chef du gouvernement et Matteo Renzi, l'ambitieux maire de Florence, "ont campé sur leurs positions", a-t-on appris à l'issue de leur entrevue, ce qu'Enrico Letta n'a pas démenti.
"La rencontre a été, hmm, disons 'franche'", a-t-il dit. "Chacun a fait valoir son point de vue. C'est toujours positif quand on discute", a-t-il ajouté.
En visite au Portugal, le président Giorgio Napolitano a écarté l'idée d'élections législatives anticipées pour régler le bras de fer entre les deux hommes. "Ne disons pas d'absurdités !", a simplement réagi le chef de l'Etat.
Selon la Constitution, c'est au président de la République qu'il revient de convoquer les électeurs pour des élections si un gouvernement perd sa majorité parlementaire.
RUMEURS
Matteo Renzi a vivement critiqué ces dernières semaines le président du Conseil, lui reprochant la lenteur des réformes économiques.
Mercredi matin, le ministre de l'Economie, Fabrizio Saccomanni, a insisté pour que l'équipe en place puisse poursuivre sa mission.
"Les forces politiques doivent comprendre la nécessité de poursuivre avec énergie et efficacité le travail effectué ces derniers mois", a-t-il dit aux journalistes. "Que ce travail soit fait par nous ou bien par d'autres, cela a peu d'importance. L'important, c'est qu'il n'y ait pas d'interruption."
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Elu en décembre secrétaire du PD, Matteo Renzi a estimé il y a quelques jours que le gouvernement, fragilisé par sa diversité, ferait mieux de démissionner s'il n'est pas capable de plus d'efficacité.
Troisième économie de la zone euro, l'Italie peine à sortir de sa plus longue période de récession depuis la Seconde Guerre mondiale et à juguler un chômage atteignant des niveaux sans précédents depuis les années 1970.
A 39 ans, Matteo Renzi ne cache pas son ambition d'accéder un jour au poste de président du Conseil. Le maire de Florence, qui méprise ouvertement l'aile gauche du PD, a assuré cependant qu'il n'avait pas l'intention de prendre maintenant la place d'Enrico Letta et que tout changement devait être la conséquence d'élections.
Selon un sondage publié mercredi dans La Stampa, la majorité des Italiens ne veulent pas qu'Enrico Letta démissionne sans nouvelles élections. Ils sont seulement 14% à souhaiter que Matteo Renzi prenne maintenant sa place.
Les rumeurs sur son arrivée prochaine à la tête du gouvernement ne cessent toutefois de prendre de l'ampleur.
Signe des tensions politiques croissantes, le débat parlementaire prévu mardi sur la réforme du code électoral, jugé responsable du blocage consécutif aux élections de février 2013, a été reporté à la semaine prochaine.
Avec Stefano Bernabei, Bertrand Boucey, Guy Kerivel et Simon Carraud pour le service français, édité par Danielle Rouquié
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