Matteo Renzi prône la formation d'un nouveau gouvernement en Italie
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par James Mackenzie
ROME (Reuters) - Le chef du Parti démocrate italien, Matteo Renzi, a souhaité jeudi la démission du président du Conseil Enrico Letta et prôné la formation d'un nouveau gouvernement afin d'ouvrir une "nouvelle phase" de réformes en Italie.
Matteo Renzi a lancé son appel au changement devant le comité exécutif du PD au lendemain d'un tête à tête tendu et infructueux avec le chef du gouvernement.
Les 140 membres du comité doivent se prononcer sur la poursuite de leur soutien au président du Conseil ou sur sa mise à l'écart, moins d'un an après sa prise de fonction.
"L'Italie ne peut pas vivre dans une situation d'incertitude et d'instabilité. Nous sommes à un tournant", a fait valoir le maire de Florence, qui devrait être appelé à former un nouvel exécutif en cas de démission de Letta.
Cible des critiques en raison de sa lenteur à mettre en place des réformes économiques, Enrico Letta a décidé de ne pas assister à la réunion du comité exécutif et d'attendre la décision dans son bureau, au palais Chigi.
Matteo Renzi a reconnu qu'obliger Enrico Letta à la démission et s'employer à former un nouveau gouvernement avec les partis du centre et du centre droit qui soutiennent la coalition Letta comportait des risques pour le gouvernement et aussi pour lui-même, mais qu'il n'existait pas d'alternative.
"Se placer en première ligne comporte un élément de risque, mais un homme politique a le devoir de prendre des risques à certains moments", a dit Matteo Renzi.
LE NOUVEAU CENTRE DROIT S'INTERROGE
Il a ajouté qu'en l'état actuel du code électoral, toujours pas réformé, il était impossible d'organiser des élections législatives anticipées, rappelant le parlement bloqué issu du dernier scrutin il y a un an.
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Matteo Renzi a déclaré qu'il solliciterait le soutien des actuels partenaires de la coalition avec l'objectif de tenir pendant l'ensemble d'une législature, jusqu'en 2018.
Angelino Alfano, fondateur du Nouveau Centre Droit né de la scission provoquée par Silvio Berlusconi au sein du Peuple de la liberté, a toutefois déclaré sur la chaîne de télévision Canale 5 qu'il retirerait son soutien à Enrico Letta si le Parti démocrate décidait de ne plus le soutenir.
"Nous ne prenons rien pour acquis et nous envisagerons cette éventualité une fois qu'elle sera confirmée", a dit Angelino Alfano.
Signe des tensions politiques, le débat parlementaire prévu mardi sur la réforme du code électoral, jugé responsable du blocage consécutif aux élections de février 2013, a été reporté à la semaine prochaine.
Troisième économie de la zone euro, l'Italie peine à sortir de sa plus longue période de récession depuis la Seconde Guerre mondiale et à juguler un chômage atteignant des niveaux sans précédents depuis les années 1970.
Le discours de Matteo Renzi a été assez bien accueilli par les milieux financiers. La Bourse de Milan a réduit ses pertes et le rendement des obligations italiennes à dix ans a légèrement fléchi.
Clémence Apetogbor, Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français
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