La police démantèle plusieurs camps d'opposants à Bangkok
reuters.com

La police investit plusieurs camps d'opposants à Bangkok
reuters.com
reuters.com

La police investit plusieurs camps d'opposants à Bangkok
reuters.com
par Orathai Sriring et Amy Sawitta Lefevre
BANGKOK (Reuters) - La police anti-émeute thaïlandaise est intervenue vendredi pour démanteler plusieurs campements occupés depuis plus de trois mois par les opposants qui réclament la démission du Premier ministre Yingluck Shinawatra.
Aucun heurt n'a été signalé alors que les opérations de police semblent avoir été mises en place pour tester la résistance des manifestants.
"Notre stratégie est de faire les choses lentement, et de travailler à l'intérieur des zones en dehors du centre de Bangkok en direction des principaux lieux de la protestation", a annoncé le chef de la police nationale Adul Saengsingkaew.
"Nous ne dispersons pas les manifestants, nous ne recourons pas à la force, mais le recours aux négociations est notre principale tactique", a-t-il ajouté.
Les opérations de police se sont concentrées dans le quartier des ministères, dans le centre historique de la capitale, et ont évité les carrefours routiers du quartier commercial et d'affaires, principaux points de ralliement des manifestants qui ont promis de paralyser Bangkok jusqu'à ce que leurs revendications soient entendues.
"Notre police est prête à reprendre le contrôle de l'espace public et essaiera d'éviter toute violence", a déclaré à Reuters Paradorn Pattanathabutr, chef du Conseil de sécurité nationale. Selon lui, 5.000 policiers ont été déployés dans la capitale en vue de cette opération.
Hanté par le souvenir de la répression sanglante menée en 2010 par la précédente administration, qui a fait des dizaines de morts parmi les "chemises rouges" pro-Thaksin, le gouvernement tente d'éviter toute confrontation. Il espère également ne pas être victime d'un coup d'Etat militaire en cas de répression contre les manifestants.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

La police a évité jusqu'à présent des affrontements avec les manifestants, même si diverses violences ont fait onze morts depuis le début du bras de fer entre l'opposition et Yingluck Shinawatra, en novembre.
Vendredi, plus d'un millier de policiers ont pris le contrôle sans heurts du secteur qui s'étend de l'hôtel Royal Plaza au bureau des Nations unies, occupé depuis novembre par les manifestants antigouvernementaux, a rapporté un journaliste de Reuters.
Certains policiers étaient armés mais la plupart n'étaient équipés que de bâtons et de boucliers, a-t-il constaté.
Des opposants ont insulté les policiers lorsqu'ils sont intervenus mais ils n'ont pas résisté, comme cela avait été le cas dans ce quartier en novembre et décembre.
Le chef de file de l'opposition, Suthep Thaugsuban, a néanmoins appelé ses partisans à tenir tête aux autorités. "La police dit qu'elle va disperser les manifestants (...) Nous devons nous préparer à nous défendre", a-t-il dit dans un discours prononcé jeudi soir.
Le sit-in démantelé vendredi ne fait pas partie des trois principaux campements des manifestants antigouvernementaux, dont le nombre s'est constamment réduit ces dernières semaines. Ils ont néanmoins réussi à bloquer un cinquième des bureaux de vote lors des élections législatives du 2 février.
"Ce n'est pas la première fois que le gouvernement et la police lancent un ballon d'essai. Ils visent des groupes restreints, que l'on peut qualifier de cibles plus faciles", a estimé Boonyakiat Karavekphan, politologue à l'université Ramkamhaeng de Bangkok.
Outre la démission du Premier ministre, les opposants réclament une réforme du système électoral pour mettre fin à la domination de la famille Shinawatra sur la vie politique thaïlandaise.
Le chef de l'armée a appelé jeudi les deux camps à la retenue.
Avec Damir Sagolj et Andrew R.C. Marshall; Tangi Salaün et Clémence Apetogbor pour le service français; édité par Henri-Pierre André
reuters.com