Saad Hariri promet de s'opposer aux extrémistes sunnites
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Saad Hariri promet de s'opposer aux extrémistes sunnites
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par Tom Perry et Laila Bassam
BEYROUTH (Reuters) - L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri a fait voeu vendredi de s'opposer à l'extrémisme sunnite tout en exhortant le Hezbollah chiite à mettre fin à son implication dans la guerre civile en Syrie afin d'épargner au Liban le risque d'un "holocauste religieux".
Prenant l'exemple de son père Rafik Hariri, dont il commémorait le neuvième anniversaire de l'assassinat, le 14 février 2005 à Beyrouth, Saad Hariri a souhaité que la modération l'emporte face aux risques de contagion du conflit syrien et à l'impasse politique qui prive actuellement le Liban d'un gouvernement.
"Nous nous opposerons aux douteux appels visant à entraîner les Libanais, en particulier les sunnites, dans des guerres folles sans autre utilité que d'entraîner le Liban dans un holocauste religieux", a-t-il déclaré.
Saad Hariri s'adressait à ses partisans par visioconférence d'un lieu à l'étranger, non divulgué pour raisons de sécurité.
Ces propos montrent la volonté de l'ancien Premier ministre de réaffirmer son autorité sur la population sunnite libanaise dont une partie subit l'influence croissante de groupes radicaux - notamment djihadistes comme le Front al Nosra ou l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) - combattant sur le front syrien.
La guerre civile oppose le camp alaouite, émanation du chiisme, du président Bachar al Assad soutenu par l'Iran à une rébellion majoritairement sunnite.
Au Liban, les quartiers contrôlés par le Hezbollah, qui combat aux côtés des forces loyalistes syriennes, ont été visés par cinq attentats à la voiture piégée ces derniers mois alors qu'un proche d'Hariri, qui dirige le Courant du Futur, l'ancien ministre des Finances Mohamed Chatah, a été assassiné en décembre dans une attaque à la voiture piégée.
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BLOCAGE POLITIQUE
"Tout comme le Courant du Futur rejette l'exemple du Hezbollah, nous rejetons l'exemple de l'EIIL et le Front al Nosra, et tout appel visant à impliquer les sunnites du Liban dans la guerre entre le Hezbollah et Al Qaïda", a déclaré Saad Hariri.
Soutenu par l'Arabie saoudite, l'ex-Premier ministre est toujours considéré comme le responsable politique sunnite le plus influent du Liban.
Hariri a quitté le Liban peu après la chute de son gouvernement en 2011, provoquée par le retrait des ministres du Hezbollah et de leurs alliés.
"C'est l'un des plus importants discours qu'il ait donnés depuis l'éruption de la guerre en Syrie," a estimé Nabil Boumonsef, éditorialiste au journal an Nahar, soulignant que son appel à la modération est "très important" pour la population libanaise.
La guerre en Syrie contribue au blocage politique sur la scène libanaise. La dernière tentative menée par le Premier ministre désigné Tammam Salam pour former un gouvernement a été retardée vendredi par des désaccords entre Hariri et le Hezbollah sur la nomination du ministre de l'Intérieur, selon une source politique.
Jean-Stéphane Brosse pour le service français
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