Les manifestants de Bangkok jurent de poursuivre leur mouvement
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BANGKOK (Reuters) - Les manifestants antigouvernementaux thaïlandais ont juré samedi de poursuivre leur mouvement pour obtenir le départ du Premier ministre, Yingluck Shinawatra, bien qu'ils soient moins nombreux dans les secteurs qu'ils occupent à Bangkok et que la police ait entrepris de démanteler certains de leurs camps.
La police anti-émeute a repris sans résistance le contrôle d'une grande artère du quartier des ministères, vendredi, mais elle a évité la confrontation en d'autres points de la capitale et n'est pas intervenue contre les trois principaux campements d'opposants aux carrefours des quartiers commerçants et des affaires.
Le secteur repris sans heurts par un millier de policiers s'étend entre l'hôtel Royal Plaza et les locaux des Nations unies. Il était occupé depuis novembre par les manifestants antigouvernementaux.
"Notre mission continue, qui est de réformer le pays", a déclaré samedi à la presse le porte-parole des manifestants, Ekkanat Promphan. "Nous continuons d'occuper tous les camps de protestation et nous continuerons de le faire tout le week-end", a-t-il assuré.
Des policiers anti-émeute se sont massés, sans intervenir, près d'un camp d'opposants situé non loin d'un complexe gouvernemental dans le nord de Bangkok, qui avait été vendredi matin le théâtre d'une confrontation tendue.
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APPEL A LA RETENUE
Tarit Pengdith, un responsable de la police, a déclaré lors d'une conférence de presse que les manifestants ne seraient pas dispersés par la force.
"Nous ne voulons ni disperser la foule ni reconquérir les lieux. Nous luttons contre la criminalité et recherchons des substances ou objets illicites et nous efforçons de rouvrir les bâtiments gouvernementaux, de sorte que les Thaïlandais bénéficient des mêmes services que d'ordinaire", a-t-il précisé. La police dit avoir découvert des armes à feu, des munitions et de la drogue lors de l'opération qu'elle a menée vendredi, mais elle n'a procédé à aucune arrestation.
Outre la démission de Yingluck Shinawatra, soeur de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, en exil, les opposants réclament une réforme du système électoral pour mettre fin à la domination de la famille Shinawatra sur la vie politique thaïlandaise.
Hanté par le souvenir de la répression sanglante menée en 2010 par la précédente administration, qui a fait des dizaines de morts parmi les "chemises rouges" pro-Thaksin, le gouvernement tente aujourd'hui d'éviter toute confrontation. Il espère également ne pas être victime d'un coup d'Etat militaire en cas de répression contre les manifestants.
La police a évité jusqu'à présent des affrontements avec les manifestants, même si diverses violences ont fait onze morts depuis le début du bras de fer entre l'opposition et Yingluck Shinawatra, en novembre.
Le chef de l'armée a appelé jeudi les deux camps à la retenue.
Apornrath Phoonphongphiphat; Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français
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