Les données personnelles au menu du conseil franco-allemand
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BERLIN/PARIS (Reuters) - Angela Merkel a annoncé samedi qu'elle évoquerait mercredi avec François Hollande la création d'un réseau européen de communications pour éviter que les données personnelles transmises via internet transitent par les Etats-Unis.
La chancelière allemande, qui rencontrera le président français à Paris, prône une meilleure protection des données en Europe après les révélations tout au long de l'année 2013 sur la surveillance des télécommunications à travers le monde par les services d'écoutes américains, la NSA.
Selon des informations de presse, son propre téléphone portable aurait été piraté par les Etats-Unis.
Dans son allocution hebdomadaire téléchargeable sur internet, Angela Merkel conteste le fait que des entreprises telles que Facebook ou Google basent leurs opérations dans des pays n'offrant qu'une faible protection des données personnelles tout en ayant des activités dans des pays où la législation sur ce plan est plus stricte.
"Nous allons discuter avec la France de la manière dont nous pouvons conserver un degré élevé de protection des données", dit-elle.
"Surtout, nous allons aborder la question de fournisseurs d'accès européens offrant une sécurité à nos citoyens, afin que personne n'ait à envoyer des courriels et d'autres informations de l'autre côté de l'Atlantique. Il serait préférable de créer un réseau de communication à l'intérieur même de l'Europe", ajoute-t-elle.
Marquée par les précédents des régimes nazi et communiste, l'Allemagne a été choquée par les révélations de l'ex-consultant Edward Snowden sur la surveillance américaine des télécommunications à travers le monde.
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Le gouvernement allemand tente en vain de conclure un accord avec les Etats-Unis dans le domaine de l'espionnage réciproque.
"Nous devons faire davantage pour la protection des données en Europe, cela ne fait aucun doute", insiste Angela Merkel, dont les propositions sont partagées par Paris.
"Ce sont des choses dont on discute avec l'Allemagne", confirme-t-on à l'Elysée, où l'on évoque "le traitement des données personnelles, la régulation des plateformes dominantes américaines et les programmes technologiques dont l'Europe a besoin" comme autant de sujets à l'ordre du jour du conseil franco-allemand.
"Maintenant que le gouvernement allemand est formé, il est important que l'on puisse reprendre l'initiative ensemble", explique-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.
François Hollande avait plaidé en octobre au conseil européen de Bruxelles pour que l'UE se dote rapidement d'une nouvelle législation européenne pour la protection des données personnelles.
Alors que la France souhaitait un accord avant l'été 2014, l'opposition de certains pays comme le Royaume-Uni avait néanmoins repoussé l'échéance à 2015.
Outre la question des données personnelles, la chancelière allemande souhaite aussi évoquer à Paris un renforcement de la coopération franco-allemande dans le domaine du changement climatique en prévision de la conférence internationale prévue à Paris en 2015 et les questions de sécurité internationale, en particulier en Afrique.
Erik Kirschbaum à Berlin et Julien Ponthus à Paris, édité par Bertrand Boucey
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