Affrontement diplomatique entre USA et Russie sur la Syrie
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par Arshad Mohammed et Steve Gutterman
DJAKARTA/MOSCOU (Reuters) - Les Etats-Unis ont accusé lundi le gouvernement syrien de paralyser les discussions de paix, avec l'encouragement de Moscou et de Téhéran, et la Russie a en retour jugé que les soutiens internationaux des rebelles contre le président Bachar al Assad visaient une solution militaire et non négociée.
Une deuxième série de pourparlers a échoué samedi à Genève alors que le conflit a fait plus de 140.000 morts, et le médiateur international Lakhdar Brahimi a rapporté que les négociateurs n'avaient pu s'accorder que sur un "ordre du jour pour le prochain cycle lorsqu'il aura lieu".
John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, a estimé lundi que le gouvernement de Bachar al Assad était responsable de cette impasse et qu'il y était encouragé par ses principaux alliés, la Russie, l'Iran et les chiites libanais du Hezbollah.
"Le régime s'est dérobé", a-t-il déclaré, lors d'une visite en Indonésie. "Ils n'ont rien fait d'autre que de continuer à larguer des barils d'explosifs sur leur propre peuple et à détruire leur propre pays. Et je suis au regret d'ajouter qu'ils le font avec le soutien accru de l'Iran, du Hezbollah et de la Russie."
"La Russie doit être une partie de la solution et ne pas mettre à disposition tant d'armes et tant d'aides supplémentaires", a-t-il ajouté, après que le président américain Barack Obama a dit vendredi étudier de nouveaux moyens de pression sur Damas.
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MOSCOU REDIT SON SOUTIEN À ASSAD
Moscou a de son côté accusé "certains soutiens de l'opposition" de chercher à constituer une organisation distincte de la Coalition nationale syrienne (CNS), qui est censée représenter les opposants à Bachar al Assad mais contrôle très peu le terrain, en partie dominé par des groupes islamistes proches du réseau Al Qaïda.
"En d'autres termes, on met en place un plan afin de s'écarter du fil des négociations et de parier encore une fois sur un scénario militaire", a dit Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, après une rencontre avec son homologue érythréen.
Le ministère russe des Affaires étrangères a en outre redit que Damas avait "tout à fait raison" de mettre en avant la lutte contre le "terrorisme" lors des pourparlers et d'éviter ainsi de débattre de la mise en place d'un gouvernement de transition.
Les Etats-Unis ont tourné en dérision cette attitude et ont estimé par la voix de John Kerry qu'"Assad est lui-même un aimant à terroristes" en ordonnant des bombardements commis au hasard, ainsi que des actes de torture, et en affamant délibérément une partie des Syriens.
Tandis que l'impasse diplomatique demeure, l'Armée syrienne libre (ASL), le groupe rebelle soutenu par les pays occidentaux et arabes, a écarté son chef, le général Selim Idriss, et l'a remplacé par un commandant jugé plus expérimenté, le colonel Abdelilah al Bachir.
Julien Dury pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse
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