SPD et CDU/CSU jouent l'apaisement en Allemagne
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BERLIN (Reuters) - Les trois partis membres du gouvernement allemand ont assuré lundi que la grande coalition droite-gauche ne souffrirait pas de la démission forcée d'un ministre de l'Union chrétienne-sociale (CSU), alliée bavaroise de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel.
La CSU a désigné Christian Schmidt, vice-ministre de la Défense de 2005 à fin 2013 puis vice-ministre du Développement dans le gouvernement de coalition en place depuis la fin de l'année dernière, pour reprendre le poste de ministre de l'Agriculture laissé vacant par la démission de Hans-Peter Friedrich, qui a quitté ses fonctions vendredi.
Hans-Peter Friedrich a démissionné après avoir été critiqué pour avoir, en tant que ministre de l'Intérieur du précédent gouvernement, averti le Parti social-démocrate (SPD) qu'un de ses députés, Sebastian Edathy, était visé par une enquête pour recel présumé de matériel pédopornographique.
La CSU a exprimé son mécontentement car l'incident a été rendu public par Thomas Oppermann, un cadre du SPD qui joue un rôle central dans l'unité de la coalition en tant que chef des parlementaires sociaux-démocrates, et dont certains responsables conservateurs ont réclamé la démission.
Alors qu'Angela Merkel va réunir mardi pour la première fois le "comité de coalition" destiné à aplanir les divergences entre les trois partis, la CSU a néanmoins exclu de fragiliser le gouvernement, au moment où il doit mener de difficiles réformes des retraites et de la politique énergétique.
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"Ce qui est en jeu maintenant, c'est la coopération", a dit Horst Seehofer, président de la CSU. "Ce qui est en jeu, ce n'est pas l'effondrement de la coalition."
LE SPD VEUT "REPRENDRE" LE TRAVAIL
Sur la même ligne, Steffen Seibert, porte-parole d'Angela Merkel, a jugé que ces tensions n'allaient pas "perturber le travail" de la coalition, qui dispose du soutien de quatre cinquièmes des parlementaires, tout en reconnaissant qu'il restait "des questions importantes à régler".
À gauche, Sigmar Gabriel, président du SPD, a dit "comprendre pourquoi les conservateurs sont en colère" et a présenté ses regrets pour la démission de Hans-Peter Friedrich.
"Nous allons tout faire pour reprendre là où nous nous sommes arrêtés", a-t-il dit en vue de la réunion de mardi avec Angela Merkel et Horst Seehofer. "Le gouvernement n'est pas à l'arrêt."
Malgré ces déclarations, certains observateurs comme Carsten Koschmieder, politologue à l'Université libre de Berlin, estiment que la coalition va "mettre un moment pour se remettre correctement au travail".
"Mais Merkel, Seehofer et Gabriel savent qu'il n'y a pas d'alternative", juge-t-il. "Merkel n'a pas d'autre partenaire de coalition en réserve, et ils savent tous qu'ils perdraient des voix en cas de nouvelles élections. Donc, malgré les heurts, la coalition va survivre."
Un cadre du SPD a lui estimé que le bloc chrétien-démocrate imposerait des exigences en échange du maintien de Thomas Oppermann à son poste, en demandant par exemple un contrôle accru sur les questions d'infrastructures et de politique énergétique. "Évidemment, les rapports de forces vont changer sur tous les sujets", a-t-il dit de façon anonyme.
Avec Holger Hansen et Andreas Rinke; Henri-Pierre André et Julien Dury pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse
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