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L'Allemagne parie sur une approche plus "positive" envers Moscou

reuters.com

Publié le 18 février 2014 à 07:59 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:37

L'Allemagne parie sur une approche plus "positive" envers Moscou

L'Allemagne parie sur une approche plus "positive" envers Moscou

reuters.com

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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par Alexandra Hudson

MOSCOU (Reuters) - L'Allemagne a entrepris, à l'initiative de son nouveau ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, de parier sur une amélioration des liens avec Moscou plutôt qu'une confrontation, en espérant être payée de retour sur des dossiers comme l'Ukraine ou la Syrie.

Le chef de la diplomatie, qui a repris le poste qu'il avait occupé entre 2005 et 2009 dans le premier gouvernement de grande coalition d'Angela Merkel, table sur sa proximité avec Moscou et souhaite définir un "agenda positif" avec la Russie.

"Rien n'est possible sans la Russie", a-t-il lancé la semaine passée au cours d'une visite de deux jours dans la capitale russe.

Les relations entre la Russie et l'Union européenne sont au plus bas en raison du soutien russe au régime de Bachar al Assad en Syrie et de la crise ukrainienne, à propos de laquelle Moscou et Bruxelles s'accusent mutuellement d'ingérence.

Mais Frank-Walter Steinmeier a été reçu plus d'une heure au Kremlin par Vladimir Poutine, privilège rare pour un ministre, obtenu grâce à de bonnes relations personnelles forgées par Steinmeier lorsqu'il travaillait avec Gerhard Schröder, prédécesseur d'Angela Merkel à la chancellerie.

Le chef du gouvernement social-démocrate entretenait des relations chaleureuses avec Vladimir Poutine, qu'il avait un jour qualifié de "parfait démocrate". Gerhard Schröder, qui a adopté deux enfants russes, est aujourd'hui président du gazoduc Nord Stream du groupe Gazprom.

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Par contraste, Angela Merkel, pourtant russophone, n'a jamais eu de relations proches avec le chef du Kremlin, ancien agent du KGB qui a passé cinq ans à Dresde et parle allemand.

"La Russie n'est pas extrêmement importante pour Merkel. Elle compte davantage pour Steinmeier", estime Alexander Rahr, directeur de recherches au Forum germano-russe à Berlin.

"Merkel pense qu'elle ne parviendra pas à obtenir grand-chose avec Moscou (...) et elle n'a pas cette affinité avec la Russie que cultivent de nombreux sociaux-démocrates qui ont grandi pendant les années d''Ostpolitik'," poursuit-il, par allusion à la politique de rapprochement avec l'Allemagne de l'Est menée par le SPD dans les années 1970.

"Merkel semble avoir sous-traité la politique russe, même si elle gardera toujours le dernier mot (...). Elle fait confiance à Steinmeier et ne veut pas se battre en première ligne pour la Russie."

LIMITES

Vladimir Poutine n'en a pas moins, lors de la visite à Moscou de Steinmeier, laissé le ministre allemand des Affaires étrangères attendre longtemps avant de lui accorder un entretien et ne l'a reçu qu'au moment où il s'apprêtait à rencontrer des défenseurs des droits de l'homme.

Les limites du pari de Steinmeier sont nettement apparues pendant cette visite. L'idée, avancée par les Allemands, de confier à l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) une médiation en Ukraine a été quasiment ignorée.

Lors d'une conférence de presse commune avec Steinmeier, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a fustigé l'UE qui envoie des émissaires à Kiev et a demandé à son homologue allemand de prendre position, le mettant dans l'embarras.

Steinmeier lui-même, lors de son discours inaugural en décembre dernier, avait jugé "choquant" que Moscou exploite les difficultés économiques de l'Ukraine pour la persuader de ne pas signer un accord de partenariat avec l'Union européenne.

Il y a deux semaines, le ministre allemand des Affaires étrangères a rencontré à Munich des chefs de l'opposition ukrainienne qui se sont encore entretenus lundi avec Angela Merkel.

Mais le chef de la diplomatie allemande espère une action convergente de l'UE et de la Russie pour encourager le dialogue entre opposants et pouvoir ukrainiens et oeuvrer à une solution pacifique à la crise qui secoue l'ancienne république soviétique depuis douze semaines.

Pour Alexander Rahr, "la position allemande est la bonne. Ce sera difficile et on ne les forcera jamais à épouser nos points de vue (...) mais il faut parler aux Russes et négocier sagement avec eux. Dieu merci, l'Allemagne a compris cela, contrairement à d'autres pays membres de l'UE."

Avec Andreas Rinke à Berlin et Gabriela Bacynska à Moscou; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

reuters.com

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