Des opposants devant le siège du gouvernement à Bangkok
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par Amy Sawitta Lefevre et Apornrath Phoonphongphiphat
BANGKOK (Reuters) - Les opposants au Premier ministre thaïlandais Yingluck Shinawatra se sont rassemblés mercredi près de son quartier général provisoire mais la chef du gouvernement s'est faite discrète au lendemain de violences qui se sont soldées par cinq morts à Bangkok.
Un responsable des services de sécurité a précisé que les forces de l'ordre n'allaient pas chercher à reprendre des positions occupées par les manifestants après les débordements survenus mardi, les plus meurtriers depuis le début de la contestation en novembre.
Les problèmes continuent de s'accumuler pour la chef du gouvernement inculpée par l'agence de lutte contre la corruption de malversations dans le programme d'aide gouvernementale à la riziculture.
Yingluck officie depuis un complexe du ministère de la Défense dans le nord de Bangkok depuis que les manifestants l'ont contrainte à quitter ses bureaux au siège du gouvernement.
"Nous sommes venus ici parce que nous ne voulons plus que Yingluck utilise les bâtiments du ministère de la Défense", a expliqué Chumpol Jumsai, un des organisateurs du rassemblement, devant quelque 3.000 partisans. "Nous demandons aux soldats de ne plus autoriser Yingluck à utiliser ces bâtiments."
La chaîne Bluesky TV, qui soutient les manifestants, a montré des images de soldats gardant le complexe du ministère à l'abri de herses de fils de fer barbelés.
L'armée, qui s'est dite prête à intervenir si la police ne parvient pas à assurer la sécurité dans la capitale, a appelé les deux camps à éviter la confrontation.
"Notre stratégie n'a pas changé", a précisé le colonel Werachon Sukondhapatipak, porte-parole des militaires. "Nous n'avons aucune intention de déployer des troupes supplémentaires. Si le gouvernement a besoin d'aide supplémentaire pour assurer la sécurité, il n'a qu'à nous le demander. Pour l'instant, il n'a pas demandé de renforts."
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PAUSE
L'armée se tient à l'écart de cette nouvelle crise politique mais son intervention ne peut être exclue dans un pays qui a une vieille tradition d'immixtion des soldats dans les affaires civiles.
L'opération menée par les forces de l'ordre mardi pour reprendre le contrôle de plusieurs sites de la capitale thaïlandaise occupés depuis un mois par l'opposition s'est soldée par cinq morts, un policier et quatre civils, et par 65 blessés.
La police a indiqué avoir interpellé 180 personnes pour violation de l'état d'urgence imposé le mois dernier pour une durée de 60 jours.
Le tribunal civil de Bangkok, saisi par l'opposition dénonçant cette mesure d'exception, en a confirmé la légalité tout en soulignant que le gouvernement n'était "pas autorisé à utiliser les clauses de l'état d'urgence pour disperser les manifestations".
L'état d'urgence, qui concerne Bangkok et les provinces environnantes, permet aux forces de sécurité d'imposer des couvre-feux, de procéder à des interpellations sans inculpation, de censurer les médias, d'interdire les rassemblements politiques de plus de cinq personnes et d'interdire l'accès à certaines zones.
"Le jugement du tribunal signifie que nous ne pouvons pas disperser les manifestations mais nous n'en avions jamais eu l'intention de toute façon", a déclaré le chef de la police nationale, Adul Saengsingkaew.
Le chef du Conseil de sécurité nationale, Paradorn Pattanathabutr, a précisé qu'il est probable qu'une pause soit observée dans les opérations de maintien de l'ordre, le temps que les services de sécurité évaluent la situation.
Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français
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