Les médiateurs européens prolongent leur mission à Kiev
reuters.com

Les médiateurs européens prolongent leur mission à Kiev
reuters.com
reuters.com

Les médiateurs européens prolongent leur mission à Kiev
reuters.com
KIEV (Reuters) - Les ministres français, allemand et polonais des Affaires étrangères dépêchés en mission en Ukraine ont prolongé jeudi leur médiation et passeront la nuit à Kiev pour discuter avec le pouvoir et l'opposition d'une possible sortie de crise après la journée la plus meurtrière depuis le début de la contestation.
En début de soirée, aucun accord n'avait été encore trouvé et les négociations étaient "très difficiles", a dit Laurent Fabius, avant de se rendre avec ses homologues Frank-Walter Steinmeier et Radoslaw Sikorski auprès du président ukrainien Viktor Ianoukovith pour la deuxième fois de la journée.
"Nous venons de nous entretenir avec les représentants de l'opposition, nous allons retourner dans quelques instants revoir le président", a déclaré le chef de la diplomatie française à la presse.
"Nous avons cherché tous les moyens, (nous avons) à la fois regardé comment un nouveau gouvernement pouvait être mis en place, réfléchi à de nouvelles élections, regardé comment cesser la violence", a-t-il dit. "Mais à l'instant où je vous parle, il n'y a encore de solution, nous faisons le maximum au nom de l'Europe pour avancer."
La délégation européenne ne devait initialement passer que quelques heures dans la capitale ukrainienne avant de rallier Bruxelles pour la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne. (voir )
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Mais sa mission se prolongera finalement vendredi et les ministres s'attendent à une nuit de "dures négociations", a déclaré le ministère polonais des Affaires étrangères.
"Des progrès ont été réalisés mais d'importantes divergences demeurent", a dit Radoslaw Sikorski à l'issue des discussions avec l'opposition, sur son compte Twitter.
GOUVERNEMENT TEMPORAIRE
Selon deux sources diplomatiques, l'esquisse d'accord en discussion inclurait notamment la formation d'un gouvernement temporaire.
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a également déclaré que Viktor Ianoukovitch s'était montré disposé à organiser de nouvelles élections.
"Les trois ministres à Kiev discutent d'un document qui donne une chance de mettre fin à la violence et de conclure un accord", a-t-il dit à Varsovie.
Le ministère allemand des Affaires étrangères parle de son côté d'une "feuille de route" vers une solution politique à la crise en cours depuis fin novembre mais qui s'est brutalement dégradée depuis mardi matin.
"On est en train de créer une médiation ad hoc pour faciliter les discussions des deux parties", a dit à Reuters une source diplomatique française.
"Pour le moment on ne peut pas parler de projet d'accord sur le contenu, on discute des demandes des deux côtés, dont le gouvernement, les élections, la Constitution et la manière d'arrêter les violences."
Depuis la reprise des affrontements, mardi matin, entre manifestants et forces de l'ordre, le bilan est d'au moins 67 morts, dont 39 dans la seule journée de jeudi, et plusieurs centaines de blessés. (voir )
De son côté, le président russe Vladimir Poutine a également dépêché un "médiateur" à Kiev, son conseiller en matière de droits de l'homme Vladimir Loukine, chargé de faire la navette entre le pouvoir et l'opposition.
Richard Balmforth et Alessandra Prentice avec John Irish et Marine Pennetier à Paris,; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français
reuters.com