Vers un nouveau vote à l'Onu sur l'aide humanitaire en Syrie
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Vers un nouveau vote à l'Onu sur l'aide humanitaire en Syrie
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par Michelle Nichols
NATIONS UNIES (Reuters) - Le projet de résolution visant à accroître l'aide humanitaire en Syrie devrait être soumis au vote des membres du Conseil de sécurité vendredi, selon des diplomates en poste à l'Onu.
L'incertitude demeure cependant quant à l'attitude qu'adopteront la Russie et la Chine vis-à-vis de ce texte soutenu par les Occidentaux et les pays arabes.
A trois reprises depuis le début de la crise en Syrie, en mars 2011, Moscou et Pékin ont opposé leur veto à des projets de résolution.
"Le projet de résolution sur l'accès humanitaire en Syrie est finalisé", a indiqué mercredi soir la délégation française à l'Onu, ajoutant: "Vote prévu cette semaine." D'autres diplomates ont indiqué qu'il serait probablement mis aux voix vendredi.
Le texte, rédigé par l'Australie, la Jordanie et le Luxembourg, prévoit entre autres l'arrêt des bombardements aériens, notamment au moyen de barils d'explosifs, facilite l'accès de l'aide vers la Syrie et menace de "nouvelles mesures" en cas de non respect du texte.
Ces points ayant provoqué des tensions au cours des deux semaines de négociations, les diplomates occidentaux ne sont pas en mesure de dire si Moscou et Pékin finiront par soutenir la résolution ou bien s'y opposeront.
"Bien sûr, la décision sera prise à Moscou", a dit un diplomate en poste à l'Onu, sous le couvert de l'anonymat. "Cela reste incertain mais, objectivement, rien dans ce texte humanitaire ne devrait paraître inacceptable à quelque délégation que ce soit", a-t-il ajouté.
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Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dit en début de semaine que Moscou empêcherait l'adoption d'une résolution qui autoriserait les convois humanitaires à entrer en Syrie sans avoir besoin du feu vert du régime de Damas. Mercredi, il a averti que le projet de résolution ne devait pas être "politisé".
"Si personne au Conseil de sécurité ne cherche à politiser cette question, à promouvoir une approche à sens unique, je suis convaincu que nous serons en mesure de parvenir à un accord dans les prochains jours", a-t-il dit lors d'une visite au Koweït.
"ÉQUITÉ ET NEUTRALITÉ"
De son côté, le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué jeudi matin que Pékin participait activement au processus d'élaboration de cette résolution.
"Nous pensons que dans les circonstances actuelles, l'action du Conseil de sécurité devrait inciter à la recherche d'une solution politique au problème syrien", a dit une porte-parole du ministère.
"Cette action appropriée devrait aussi respecter les principes directeurs de l'Onu sur l'aide humanitaire qui défendent l'équité et la neutralité", a ajouté Hua Chunying.
D'après les Nations unies, environ 9,3 millions de Syriens, près de la moitié de la population du pays, ont besoin d'une aide humanitaire. Or l'acheminement de l'assistance se heurte aux difficultés liées à la guerre mais aussi à des obstacles bureaucratiques émanant notamment du gouvernement syrien.
Le 2 octobre dernier, après des mois de discussions, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration non contraignante appelant à un accès facilité pour les agences humanitaires.
Mais le texte n'a produit guère plus que des avancées administratives mineures comme l'octroi de visas aux équipes humanitaires ou d'autorisations pour des convois.
Hormis les textes créant la Mission de supervision de l'Onu en Syrie (Misnus), le Conseil de sécurité n'a adopté qu'une seule résolution portant sur la crise en Syrie, la 2118, qui a entériné en septembre dernier l'accord négocié par Moscou et Washington sur l'élimination des armes chimiques syriennes.
Avec Sui-Lee Wee à Pékin; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français; édité par Bertrand Boucey
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