Les heurts au Venezuela font un sixième mort
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par Andrew Cawthorne et Daniel Wallis
CARACAS (Reuters) - Des heurts ont opposé les forces de sécurité à des manifestants jeudi en divers points du Venezuela, et un partisan du président socialiste Nicolas Maduro a été tué par balles. Il s'agit du sixième mort recensé en plus d'une semaine de violences.
Le président Maduro a déclaré qu'une "balle fasciste" avait abattu Alexis Martinez, frère d'un député du Parti socialiste au pouvoir, à Barquisimeto dans le centre du pays.
On compte des dizaines de blessés et d'arrestations depuis que les premières violences ont éclaté voici huit jours. Ces troubles sont les plus graves auxquels Nicolas Maduro soit confronté depuis son élection à la présidence en avril 2013.
Les manifestants, pour la plupart des étudiants, réclament depuis trois semaines la démission de Maduro et imputent au gouvernement les pénuries de marchandises, la forte inflation ou encore la répression dans les rangs de l'opposition.
Les heurts les plus intenses, jeudi, ont eu lieu dans les Etats de Tachira et de Merida, dans l'ouest du Venezuela.
A San Cristobal, la capitale de l'Etat de Tachira, nombre de commerces sont restés fermés, étudiants et policiers se faisant face dans des rues coupées par des barricades.
Alors que certains habitants, qualifiant leur ville de "zone de guerre", disent ne pas oser sortir de chez eux en raison des troubles, le gouvernement a annoncé qu'il prenait des "mesures exceptionnelles" pour rétablir l'ordre à San Cristobal.
LA CHAÎNE CNN DANS LE COLLIMATEUR
"Nous n'allons pas les laisser en faire un Benghazi", a déclaré Nicolas Maduro, allusion à la ville de Libye d'où était partie la rébellion qui a abouti à la chute de Mouammar Kadhafi.
"Il ne s'agit pas d'une militarisation. Nous sommes ici pour servir la grande majorité des habitants de Tachira (...). Avant qu'il puisse y avoir dialogue, nous devons rétablir l'ordre", a déclaré de son côté, à San Cristobal, le ministre de l'Intérieur Michel Rodriguez Torres.
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La capitale Caracas a connu certaines de ses pires violences mercredi soir. Jeudi, la situation y est redevenue nettement plus calme, même si des manifestants se sont de nouveau rassemblés sur la même place, Plaza Altamira.
Le président Maduro a menacé par ailleurs, jeudi, d'expulser du pays le personnel de la chaîne américaine CNN s'il ne "rectifie" pas la façon dont il couvre les événements.
L'atmosphère s'est particulièrement dégradée dans le pays depuis que Leopoldo Lopez, économiste de 42 ans, s'est constitué prisonnier mardi après avoir dirigé pendant trois semaines les manifestations contre le pouvoir.
Dans une vidéo dont il avait demandé la diffusion en cas d'arrestation, Leopoldo Lopez déclare à ses troupes: "Aujourd'hui plus que jamais, notre cause doit être le départ de ce gouvernement."
Le principal chef de file de l'opposition, Henrique Capriles, battu de justesse lors de la présidentielle de 2013, a condamné jeudi toute forme de violence, qu'elle vienne des partisans de Leopoldo Lopez, dont il n'approuve pas la stratégie, ou du gouvernement.
Andrew Cawthorne et Daniel Wallis; Henri-Pierre André, Simon Carraud et Eric Faye pour le service français
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