Pas de prescription pour Duvalier, selon la justice haïtienne
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Pas de prescription pour Duvalier, selon la justice haïtienne
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PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Une cour d'appel haïtienne a estimé jeudi que l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier pouvait être jugé pour crimes contre l'humanité en vertu du droit international et qu'il pourrait être également tenu responsable d'atteintes commises par l'armée et la milice des "tontons macoutes" à l'époque où il était au pouvoir.
La Cour d'appel de Port-au-Prince a invalidé un jugement de 2012 stipulant que l'ancien président ne pouvait pas être poursuivi pour crimes contre l'humanité par des victimes présumées de tortures et d'enlèvements car il y avait prescription en la matière.
"Le droit a triomphé", a estimé un défenseur des droits de l'homme, Pierre Esperance. "C'est énorme. Haïti n'est pas isolé et le droit international s'applique dans le pays", a-t-il dit.
"C'est une grande victoire pour les victimes de Duvalier, qui n'ont jamais renoncé", a estimé pour sa part Reed Brody, porte-parole de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch.
L'un des accusateurs de l'ancien président, Robert Duval, s'est félicité de la décision. "C'est extrêmement important, les juges ont établi la responsabilité directe de Jean-Claude Duvalier dans la répression exercée par l'armée", a-t-il dit. Duval avait passé 17 mois à Fort Dimanche, centre où étaient détenus des prisonniers politiques sous Duvalier.
Agé de 62 ans, Jean-Claude Duvalier, qui a dirigé le pays pendant 15 ans, s'est exilé en 1986. Après 25 ans passés en France, il est rentré dans son pays en janvier 2011, et a alors été brièvement interpellé pour corruption et vol.
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Amélie Baron, Eric Faye pour le service français
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