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Feu vert à la prolongation de l'opération en Centrafrique

reuters.com

Publié le 25 février 2014 à 17:17 - Mis à jour le 26 février 2014 à 11:40

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PARIS (Reuters) - Les députés français ont donné massivement mardi leur accord à la prolongation de l'opération Sangaris en Centrafrique, malgré les doutes croissants sur les objectifs d'une intervention confrontée à une situation délicate sur le terrain.

Invoquant une situation pré-génocidaire, la France a lancé le 5 décembre dernier l'opération Sangaris aux côtés des forces africaines pour tenter de rétablir la sécurité dans un pays plongé en plein chaos depuis le coup d'Etat des rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, en mars 2013.

Face aux exactions commises par la Séléka les mois suivant son arrivée au pouvoir, des groupes d'auto-défense chrétiens, les "anti-balaka", se sont constitués pour se défendre, commettant à leur tour des crimes et des pillages.

La France a décidé à la mi-février d'envoyer 400 hommes de plus en RCA, portant le contingent à 2.000 hommes, et doit obtenir le feu vert du Parlement pour prolonger l'opération au-delà de quatre mois, comme le prévoit la Constitution.

Tous les groupes ont voté en faveur de la prolongation de l'intervention, décidée par 428 voix pour et 14 contre. Quelques rares élus du Front de gauche ou de l'UMP se sont abstenus ou ont voté contre, comme l'ancien ministre UMP Bruno Le Maire.

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"Chacun est conscient que notre action n'est pas terminée", a déclaré à l'Assemblée nationale le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, reconnaissant de facto que l'idée d'une opération "coup de poing", telle que présentée au départ, était abandonnée. "C'est un défi, mais c'est aussi l'honneur de la France."

Certains analystes ont pointé ces dernières semaines un manque d'analyse politique du gouvernement français qui a reconnu avoir sous-estimé certains aspects du conflit centrafricain, notamment le niveau du ressentiment entre communautés.

Jean-Marc Ayrault a démenti que la France soit seule dans cette opération, comme l'affirme l'opposition.

Les soldats français sont présents aux côtés des quelque 6.000 soldats de la force africaine Misca et des 1.000 soldats de la force européenne attendus et qui sécuriseront les alentours de l'aéroport de Bangui, permettant aux forces françaises et africaines de se déployer dans le reste du pays.

PAS UN BLANC-SEING

La situation s'est, selon Jean-Marc Ayrault, améliorée.

"Nos efforts ont commencé à porter leurs fruits. L'embrasement généralisé qui menaçait a été évité", a-t-il dit.

"A Bangui, l'insécurité ne se concentre plus que sur quelques quartiers. Dans la capitale, la menace vient principalement des anti-balaka contre lesquels nous agissons d'une manière très rigoureuse", a-t-il rapporté.

Mais il a demandé que l'intervention soit placée au plus vite sous l'égide de l'Onu, dont le Conseil de sécurité se prononcera début mars, la France jouant un rôle de relais, sans préciser la durée de sa présence en Centrafrique.

Ce soutien a été accompagné de critiques de l'opposition et plus particulièrement de l'UMP mais aussi du Front de gauche, qui ont dénoncé une certaine forme d'enlisement.

"Au nom de nos principes et de nos valeurs, nous refusons de signer un blanc-seing en faveur de l'intervention française", a dit le communiste André Chassaigne, président du groupe Front de gauche, ajoutant voter la prolongation dans l'attente du transfert à une force multinationale sous l'égide de l'ONU.

L'opposition UMP et UDI, tout en votant pour, a regretté que le gouvernement n'ait pas su mobiliser les Européens.

"Le Président de la République a été bien imprudent dans cette affaire, passant de l'hésitation à la précipitation", a dit le président du groupe UMP, Christian Jacob. "Et cette imprudence débouche, comme nous le craignions, sur une impasse, sur un piège dont on voit mal comment vous allez sortir."

"Un bon chef militaire vise des objectifs crédibles et affecte les moyens en conséquence. En l'occurrence, François Hollande n'est pas un bon chef des armées", a-t-il lancé sous les huées de la majorité.

Son vote est donc un "oui pour l'honneur et l'image de la France dans le monde qui sortirait affaiblie voire déconsidérée, par un retrait unilatéral".

(Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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