Un jeune inconu devenu le héros de Maidan
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par Richard Balmforth
KIEV (Reuters) - Lorsqu'il s'agira d'écrire l'histoire récente et mouvementée de l'Ukraine, Volodimir Parassiouk, jeune inconnu de 26 ans, pourrait bien s'imposer comme celui qui a convaincu le président Viktor Ianoukovitch, introuvable depuis samedi, de quitter le pouvoir.
Vendredi soir, à Kiev, les trois chefs de file de l'opposition sont venus présenter aux manifestants de la place 'Maidan' de l'Indépendance, épicentre de la contestation antigouvernementale, un accord signé avec Viktor Ianoukovitch, après de difficiles négociations sous l'égide de médiateurs européens.
L'accord, conclu après la mort de dizaines de personnes lors de heurts entre manifestants et forces de l'ordre, imposait de nombreuses concessions à Viktor Ianoukovitch, dont le visage est apparu fermé lors de la signature.
Pourtant, les manifestants de Maidan ont réservé un accueil frileux à l'annonce de la tenue d'élections anticipées en décembre, la mise en place d'un gouvernement d'union nationale, ainsi que la réduction des pouvoirs de la présidence au profit du parlement.
Alors que des huées et des sifflements accueillaient les déclarations de l'un des principaux opposants, le boxeur Vitali Klitschko, Volodimir Parassiouk, chef d'un groupe d'"autodéfense" s'est décidé à prendre la parole.
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"Nous, les gens comme les autres, nous disons ceci aux hommes politiques qui nous soutiennent: 'Pas question que Ianoukovitch reste président toute l'année'", a-t-il dit, encouragé par une partie de la foule.
"Nos proches ont été abattus et nos meneurs serrent la main de leur assassin", a-t-il poursuivi, en s'interrompant parfois sous le coup de l'émotion. "C'est une honte. Demain, à dix heures, il faudra qu'il soit parti."
IANOUKOVITCH DÉJÀ PARTI
Le lendemain, samedi, Vitali Klitschko annonçait le départ de Viktor Ianoukovitch hors de la capitale et le parlement votait dans la journée la destitution du président, qui est désormais recherché pour "meurtres de masse" et que les élus veulent traduire devant la Cour pénale internationale (CPI).
Cependant, selon le ministère de l'Intérieur, le chef de l'Etat était déjà dans un hélicoptère à destination de la ville de Kharkiv, l'un de ses fiefs électoraux dans l'Est russophone, au moment où Volodimir Parassiouk s'exprimait.
Plusieurs sources diplomatiques estiment que Viktor Ianoukovitch disposait d'assez d'informations remontées de la rue pour savoir que l'accord avait peu de chances d'être appliqué et ils considèrent que, si Volodimir Parassiouk était resté silencieux, un autre aurait parlé à sa place.
De son côté, le jeune homme juge maintenant que son discours était nécessaire, avant tout pour faire pression sur les opposants politiques de Viktor Ianoukovitch.
"Si le Maidan se disperse, les hommes politiques n'auront plus peur", a-t-il déclaré à Reuters. "Nous ne nous en allons pas."
"Ma déclaration avait un but, dire à l'opposition: 'Comprenez ceci: si vous ne respectez pas nos conditions, alors les choses se passerons comme nous le décidons, pas comme vous le décidez", a-t-il ajouté.
"Nous leur avons juste dit: 'Les gars, allez-y franchement, parce que si vous ne le faites pas, nous le ferons."
(Avec Pavel Polityuk; Julien Dury pour le service français)
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