Ankara pointe l'échec de la communauté internationale en Syrie
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Ankara pointe l'échec de la communauté internationale en Syrie
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par Samia Nakhoul et Nick Tattersall
ANKARA (Reuters) - En laissant venir en Syrie des djihadistes du monde entier et en permettant la poursuite de "crimes" commis par le régime de Bachar al Assad, la communauté internationale a échoué à résoudre la crise syrienne qui menace désormais directement l'ensemble des pays, estime le chef de la diplomatie turque.
Pour Ahmet Davutoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, le président syrien Bachar al Assad a réussi à se maintenir au pouvoir grâce aux tergiversations de la communauté internationale qui ne lui a pas signifié jusqu'où il pouvait aller, faute de consensus à l'Onu.
"Je n'aurais jamais imaginé que le Conseil de sécurité de l'Onu serait dysfonctionnel pendant trois ans malgré tous les crimes contre l'humanité commis", a-t-il déclaré dans un entretien à Reuters, mardi. "Cela, je ne m'y attendais pas, mais pour le reste, les méthodes, ce que le régime d'Assad a fait, c'était prévisible."
Près de trois ans après le début du conflit syrien qui a fait plus de 130.000 morts, les combats entre l'armée syrienne et les opposants au président Bachar al Assad ne connaissent aucun répit.
Initialement pacifique, le soulèvement populaire s'est militarisé au fil des mois et a été rejoint par des djihadistes étrangers qui s'opposent parfois aux rebelles, notamment dans le nord du pays.
Sur le plan diplomatique, les discussions entre l'opposition et le gouvernement menées sous l'égide de l'Onu pour tenter de trouver une issue à cette crise se sont soldées par un échec mi-février à Genève et aucune date de reprise du dialogue n'a été fixée.
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"SINCÈRES ET OBJECTIFS"
"Certains affirment que Bachar a gagné parce qu'il est toujours au pouvoir", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas un succès parce qu'il a tous les pouvoirs, il a une armée, il a les aéroports, il a les missiles SCUD, il a les armes chimiques et il utilise tout".
La Russie porte une responsabilité particulière pour avoir bloqué à plusieurs reprises des résolutions à l'Onu et pour continuer d'approvisionner en armes lourdes le régime syrien, selon Ahmet Davutoglu.
"Tout le monde dit que la seule solution est une solution politique mais nous devons être sincères et objectifs", a-t-il dit. "Ceux qui soutiennent le régime avec des armes, des armes lourdes, ils sont du côté d'une option militaire."
"Nous devons coopérer, chacun d'entre nous, pour tenter de créer une atmosphère de sécurité. Cela signifie travailler ensemble pour empêcher une présence terroriste", a-t-il continué, accusant Damas d'agir en connivence avec des factions liées à Al Qaïda pour combattre les rebelles modérés.
"Le problème ne se pose pas seulement pour la Turquie, le problème se pose pour la région", a prévenu Ahmet Davutoglu. "La Syrie est devenu également un risque pour l'ensemble des pays européens avec la présence des groupes terroristes (...) et en raison de la nature totalitaire et autocratique du régime."
(Marine Pennetier, édité par Julien Dury)
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