Poutine ordonne des manoeuvres militaires dans l'Ouest
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MOSCOU (Reuters) - Le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi aux forces armées de mener des manoeuvres militaires d'urgence dans l'ouest du pays afin de vérifier leur aptitude au combat dans un contexte de tensions avec l'Occident au sujet de l'Ukraine.
"En accord avec un décret du président de la Fédération de Russie, les forces du district militaire Ouest ont été placées en état d'alerte à 14h00 (10h00 GMT) aujourd'hui", a déclaré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou, cité par l'agence de presse russe Interfax.
Les manoeuvres seront menées en deux temps et prendront fin le 3 mars, a-t-il dit lors d'une réunion du ministère de la Défense. Elles impliqueront les centres de commandement des forces de défense aériennes et spatiales russes, des parachutistes, l'aviation à long rayon d'action et certaines troupes du centre de la Russie.
Quelque 150.000 militaires sont concernés par ces manoeuvres, a indiqué le vice-ministre de la Défense, Anatoli Antonov, précisant que ces exercices avaient été planifiés antérieurement.
Ces manoeuvres n'ont aucun lien avec les évènements survenus récemment en Ukraine, a affirmé de son côté Sergueï Choïgou.
Le district militaire de l'Ouest comprend un vaste territoire situé à la frontière avec l'Ukraine.
Concernant la flotte russe de la mer Noire basée en Crimée, région autonome d'Ukraine, Moscou a indiqué avoir pris des mesures pour assurer la sécurité des installations et des armements.
"Nous sommes très attentifs à ce qui se passe en Crimée, à ce qui se passe autour de la flotte de la mer Noire", a dit le ministre de la Défense, selon l'agence de presse RIA.
EXERCICES RÉGULIERS
Depuis son retour au Kremlin en 2012, Vladimir Poutine a ordonné à plusieurs reprises des exercices militaires, mais cette annonce prend une résonance particulière à l'heure où la crise ukrainienne ravive les tensions entre la Russie et l'Occident.
Le président russe ne s'est pas exprimé publiquement sur l'Ukraine depuis la destitution du président Viktor Ianoukovitch survenue samedi après trois mois de manifestations provoquées par son refus de signer un accord d'association avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec Moscou.
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L'UE a invité la Russie à laisser Kiev choisir sa "voie", après les évènements du week-end, tandis que Moscou a évoqué l'émergence d'une tendance "néofasciste" dans l'Ouest nationaliste et pro-européen de l'Ukraine.
Mercredi, la présidente de la chambre haute du Parlement russe, Valentina Matvienko, a assuré que la Russie n'utiliserait pas la force, selon des propos rapportés par Interfax.
Le Premier ministre Dmitri Medvedev avait estimé lundi que les intérêts de la Russie et de ses ressortissants en Ukraine étaient menacés, des propos rappelant ceux tenus peu avant l'invasion de la Géorgie par l'armée russe en 2008.
(Steve Gutterman; Julien Dury et Marine Pennetier pour le service français)
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