Le Premier ministre thaïlandais accusé de négligences
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BANGKOK (Reuters) - Les services thaïlandais de lutte contre la corruption s'apprêtent à rendre publiques des accusations de négligence à l'encontre du Premier ministre Yingluck Shinawatra, dont les opposants continuent à réclamer la démission.
Ces accusations ont trait à un programme de subventions de la culture du riz qui revient à payer les producteurs au-dessus du prix du marché. Or, ce programme n'est plus financé et les agriculteurs, traditionnellement favorables au Premier ministre, réclament désormais leur argent.
Plus de 300 partisans du gouvernement sont rassemblés devant le siège de la Commission nationale anti-corruption (NACC), situé dans le nord de Bangkok, où doivent être annoncées les accusations. La police anti-émeutes a été déployée à l'intérieur de ce bâtiment de trois niveaux.
En signe de protestation, des partisans de Yingluck Shinawatra ont menacé de condamner l'accès au bâtiment avec du ciment.
Quant aux manifestants opposés au gouvernement, qui ont perturbé le déroulement des élections législatives du début du mois, ils cherchent toujours à faire tomber Yingluck Shinawatra et à en finir avec l'influence exercée selon eux par le frère de celle-ci, l'ancien chef de gouvernement Thaksin Shinawatra.
Suthep Thaugsuban, chef de file de la contestation qui refusait jusqu'ici tout dialogue, a accepté jeudi de participer à un débat télévisé avec sa rivale.
"DITES-MOI SEULEMENT OÙ ET QUAND"
"Je suis prêt à être le représentant du peuple et à parler politique avec Yingluck. Dites-moi seulement où et quand", a-t-il déclaré à ses partisans.
Les contestataires veulent mettre sur pied un "conseil populaire" non élu chargé de superviser des réformes qui n'ont pas été définies précisément, avec notamment une réforme de la police, avant la tenue de nouvelles élections. Ils bloquent des carrefours importants de Bangkok depuis des semaines pour appuyer leurs revendications.
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Les coups de feu et explosions sporadiques sont devenus monnaie courante durant la nuit à Bangkok qui souffre de la désaffection des touristes, source importante de devises.
Un concert du guitariste Eric Clapton prévu dimanche à Bangkok a été annulé par mesure de sécurité.
Yingluck Shinawatra réfute les accusations portées à son encontre et taxe la Commission anti-corruption de partialité. Elle note qu'une affaire de corruption liée au riz dans le précédent gouvernement n'a pas progressé après plus de quatre ans.
Les Etats-Unis et l'Union européenne ont appelé à la retenue. Dans un communiqué, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est dit prêt à apporter son aide pour trouver une solution.
Les manifestants, principalement de la classe moyenne et du Sud, appuyés par l'establishment royaliste, s'opposent aux partisans de Yingluck Shinawatra et de son frère, essentiellement des populations rurales du Nord et du Nord-Est.
(Pairat Temphairojana et Aukkarapon Niyomyat; Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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