A Londres, Angela Merkel parle d'ajustements, pas de réforme
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Merkel craint que les espoirs britanniques sur l'UE soient déçus
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Merkel craint que les espoirs britanniques sur l'UE soient déçus
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par Andrew Osborn
LONDRES (Reuters) - En visite à Londres, la chancelière allemande Angela Merkel a exclu jeudi l'idée d'une refonte générale de l'Union européenne sans pour autant fermer la porte à des ajustements souhaités par la Grande-Bretagne qu'elle a appelée à rester au sein du bloc communautaire.
La chef du gouvernement allemand qui effectuait une visite d'une journée dans la capitale britannique s'est livrée à un exercice difficile: apporter à son homologue David Cameron un soutien politique sur la question des relations entre Londres et Bruxelles tout en expliquant la portée limitée de cet appui.
La chancelière a eu le privilège rare de pouvoir s'exprimer devant l'ensemble des parlementaires des deux chambres dans la Royal Gallery du palais de Westminster.
Cet honneur n'a été conféré qu'à deux chefs du gouvernement allemand avant elle depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
S'exprimant parfois en allemand et parfois en anglais, la chancelière a expliqué avoir conscience que son allocution était attendue avec certains espoirs.
"Certains attendaient que mon discours ouvre la voie à une réforme fondamentale de l'architecture européenne de nature à satisfaire tous les souhaits britanniques supposés ou réels", a dit Angela Merkel. "J'ai peur qu'il y ait une déception".
"D'autres attendaient l'exact contraire et espéraient que j'allais délivrer, ici à Londres, le message clair et simple que le reste de l'Europe était prêt à payer n'importe quel prix pour conserver la Grande-Bretagne dans l'Union européenne. Je crains que ces espoirs soient déçus", a-t-elle ajouté.
Comme l'a résumé un diplomate européen, Angela Merkel a adressé un message sans ambiguïté à Londres: "nous vous entendons et nous sommes avec vous, des ajustements oui, mais une refonte des traités européens, pas question", a-t-il dit.
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Merkel a reconnu que certaines réglementations européennes devaient être abandonnées et que devait être respecté le principe selon lequel les décisions prises par les gouvernements nationaux devaient s'appliquer là où elles font le plus sens.
CAMERON SOUS PRESSION
David Cameron qui a qualifié le discours de Merkel "d'excellent" a retenu l'idée que l'Allemagne et la Grande-Bretagne souhaitaient toutes deux un changement dans l'Union européenne et pensaient toutes deux qu'il était possible.
"Ce que j'envisage, les changements que la Grande-Bretagne souhaite, l'établissement de la confiance dans notre partenariat avec l'organisation, sont possibles et faisables", a dit Cameron.
"Nous organiserons un référendum avant la fin de 2017 et nous donnerons le choix au peuple britannique", a-t-il dit.
Sous pression des eurosceptiques de son propre camp et du parti populiste et europhobe UKIP à l'approche des élections européennes de mai, Cameron a promis de renégocier les termes de l'adhésion de son pays à l'Union européenne.
Il s'est également engagé, s'il obtenait un nouveau mandat l'an prochain, à soumettre à un référendum avant la fin 2017 la question de l'appartenance du pays à l'Europe.
"Nous avons besoin d'un Royaume-Uni fort avec une voix forte dans l'Union européenne. Si nous avons cela, nous serons capables de faire les réformes nécessaires pour le bénéfice de tous", a déclaré Angela Merkel qui devait prendre le thé avec la Reine dans l'après-midi.
Quatre jours avant la visite de la chancelière, le chef de la diplomatie britannique William Hague avait qualifié l'Allemagne de "partenaire le plus important pour chercher des réformes au sein de l'Union européenne".
David Cameron a exprimé fin novembre sa volonté de durcir les conditions d'accès aux prestations sociales britanniques pour les immigrés en provenance des pays membres les plus récents de l'UE.
Il compte en outre renégocier les modalités d'application du principe de la liberté de circulation en vigueur au sein du bloc.
La chancelière a indiqué qu'elle pourrait soutenir de telles modifications une fois que l'intégration au sein de la zone euro aurait été renforcée.
"Tous les Etat membres pourront alors soumettre à l'examen leurs politiques sur l'Europe en matière d'énergie, de climat, de définition du marché unique et d'échanges internationaux si ces politiques contribuent au renforcement économique de la zone euro", a-t-elle dit.
(William James et Andrew Osborn, Jean-Philippe Lefief et Marine Pennetier pour le service français)
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