Anticor alerte le procureur financier sur l'affaire Buisson
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PARIS (Reuters) - Certains enregistrements effectués par Patrick Buisson lorsqu'il était conseiller à l'Elysée soulèvent des soupçons d'atteinte à l'action de la justice, selon un membre d'Anticor, qui a adressé une lettre au procureur national financier pour l'en alerter.
Raymond Avrillier, maire adjoint honoraire de Grenoble, est à l'origine de la plainte déposée en février 2010 par l'association de lutte contre la corruption dans l'affaire dite des sondages de l'Elysée.
Dans les enregistrements de Patrick Buisson, dont l'authenticité a été reconnue par son avocat, celui qui fut conseiller de Nicolas Sarkozy sous le précédent quinquennat dit de Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Elysée avant de devenir ministre de l'Intérieur, qu'il "se mouillait" auprès du parquet.
Or ces enregistrements datent de février 2011, date à laquelle le dossier des sondages était bloqué par le parquet de Paris, souligne Raymond Avrillier.
Il faudra attendre décembre 2012 et un arrêt de la Cour de cassation pour que le dossier soit instruit, rappelle-t-il.
"J'ai pensé qu'il serait utile que le procureur national financier, qui s'est vu attribuer le dossier des sondages de l'Elysée, soit informé" de ces déclarations de Patrick Buisson, a-t-il dit vendredi à Reuters, confirmant une information de RTL.
"Ça mérite des investigations", a-t-il ajouté, soulignant qu'il regrettait la médiatisation de son courrier avant une éventuelle réponse du procureur, auquel il a envoyé sa lettre jeudi.
L'avocat de Claude Guéant n'était pas joignable dans l'immédiat.
Une information judiciaire a été ouverte début 2013 pour favoritisme, détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts dans l'affaire dite des sondages de l'Elysée.
Les juges enquêtent sur des commandes de sondages d'opinion par l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy pour un total de 9,4 millions d'euros.
Anticor, partie civile dans le dossier, estime que la plupart des sondages n'avaient pas d'intérêt public et souligne que les bénéficiaires principaux des commandes étaient des sociétés dirigées par deux conseillers de Nicolas Sarkozy, Pierre Giacometti et Patrick Buisson.
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Après la révélation des enregistrements effectués par Patrick Buisson à l'Elysée, qui a fait l'effet d'une bombe à l'UMP, Nicolas Sarkozy et son épouse ont annoncé qu'ils engageraient des poursuites judiciaires.
L'avocat de Patrick Buisson a quant à lui annoncé que son client allait porter plainte contre X pour vol des bandes sonores et "usage malveillant".
(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)
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