L'opposition divisée au Venezuela, les troubles continuent
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par Daniel Wallis
CARACAS (Reuters) - L'appel au dialogue lancé par le président vénézuélien Nicolas Maduro divise ses adversaires politiques, alors que des troubles secouent le pays depuis un mois.
Ces troubles, les plus importants depuis une décennie, ont fait au moins 20 morts, dont des partisans des deux camps et des membres des forces de sécurité. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) doivent se retrouver mardi au Chili pour évoquer ces troubles.
Jour après jour, des milliers de manifestants descendent dans les rues de plusieurs villes du pays, réclamant un changement de politique et dénonçant le fort taux d'inflation, la pénurie des certains produits de base et le taux d'homicides enregistré au Venezuela, l'un des plus élevés au monde.
Chaque soir, des protestataires se réunissent autour d'une place de Caracas, lançant des pierres et des cocktails Molotov en direction des policiers anti-émeute et transformant l'un des quartiers les plus cossus de la capitale en un champ de bataille.
Ces violences ravivent les tensions au sein de l'opposition, alors que les modérés s'inquiètent de voir la situation échapper à tout contrôle et craignent qu'elle n'empêche une évolution politique pacifique à l'avenir.
UNE NÉGOCIATION SOUS CONDITIONS
Les appels répétés de Nicolas Maduro au dialogue divisent les leaders de l'opposition. Ces derniers ont imposé des conditions avant toute discussion, déclarant qu'ils refusaient de prendre part à une "séance photo" et qu'ils redoutaient que le gouvernement n'évoque des questions telles que la corruption, l'impunité ou le sort des prisonniers politiques.
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L'Union démocratique (coalition qui fédère l'opposition) a déclaré vendredi qu'elle ne participerait au dialogue avec le président que si une "personne de bonne foi" était nommée médiateur et que la rencontre était retransmise en direct par les médias.
Le député d'opposition Hiram Gaviria a quitté vendredi le parti Un Nuevo Tiempo et la coalition en raison de l'épineuse question de la participation à des discussions au palais présidentiel de Miraflores.
Hiram Gaviria a imputé les troubles au gouvernement, qui a selon lui imposé un modèle social et économique dépassé et utilisé un "discours de haine" pendant 15 ans pour discréditer ses opposants.
Il s'est néanmoins dit prêt à rencontrer n'importe qui, n'importe où, pour tenter d'éviter de nouvelles violences, même si le dialogue n'a que peu de chance d'aboutir.
L'opposition s'est montrée profondément divisée pendant des années avant de faire preuve d'une remarquable cohésion avant les élections présidentielles de 2012 et en avril 2013, au moment de l'élection du successeur d'Hugo Chavez.
Des désaccords sont réapparus entre les partisans des manifestations de rues pour chasser le président du pouvoir et les autres, dont la stratégie est de consolider le soutien dont ils disposent dans les villes et les Etats qu'ils gouvernent en laissant les dysfonctionnements économiques affaiblir le gouvernement.
Même si les opposants de Nicolas Maduro condamnent la violence par le biais d'une petite minorité, ils continuent néanmoins de soutenir les mobilisations de rues, qui débouchent fréquemment sur des affrontements.
(Clémence Apetogbor pour le service français)
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