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La fête est bientôt finie pour l'économie du Brésil

reuters.com

Publié le 12 mars 2014 à 13:40 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:31

La fête est bientôt finie pour l'économie du Brésil

La fête est bientôt finie pour l'économie du Brésil

reuters.com

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par Brian Winter et Silvio Cascione

BRASILIA (Reuters) - L'année 2014 occupe tous les esprits au Brésil avec la Coupe du monde de football dans trois mois et une élection présidentielle en octobre mais l'horizon 2015 s'annonce bien moins réjouissant avec des réajustements douloureux en vue pour la première puissance économique d'Amérique latine.

La présidente Dilma Rousseff ou quiconque lui succédera devra tailler dans le budget, augmenter les impôts et prendre d'autres mesures draconiennes pour corriger les déséquilibres grandissants des finances du pays.

Après avoir été l'un des marchés émergents les plus dynamiques de la planète durant la première décennie de ce siècle, le Brésil vient de connaître quatre années de croissance décevante et de nombreux investisseurs prédisent un retour sur terre imminent et brutal.

Le produit intérieur brut devrait progresser de 1,68% cette année et de 2% en 2015, selon des prévisions d'économistes recueillies par la Banque centrale.

Si la croissance attendue pour l'an prochain n'a rien d'alarmant, le chiffre est trompeur parce que les projections ne peuvent prendre en compte la politique économique qui sera mise en oeuvre après la présidentielle.

"Quel que soit le vainqueur (de la présidentielle), ce sera une année difficile, bien plus que ce que certains imaginent", prédit Fernando Henrique Cardoso, qui fut président de 1995 à 2003 et conserve une influence considérable dans les cercles financiers en tant que dirigeant du principal parti d'opposition.

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Un responsable proche de Dilma Rousseff confirme ces craintes, à la condition de pas être cité. "Peu de gens pensent à 2015 en ce moment mais ce sera dur, pas de doute", dit-il.

Des mesures impopulaires seront nécessaires, notamment pour endiguer le déficit public, jugé trop important ces dernières années par les investisseurs comme par les agences de notation.

RÉTABLIR LA CONFIANCE

Il ne faut pas compter sur Dilma Rousseff pour engager ce chantier alors qu'elle fait campagne pour sa réélection. Il faudra donc attendre le début du prochain mandat présidentiel, le 1er janvier 2015, pour tailler dans le vif.

Il y aura urgence, notamment si Standard & Poor's, qui a mis en garde le Brésil contre des signaux contradictoires dans sa politique économique, dégrade à nouveau dans l'intervalle, comme beaucoup s'y attendent, la note souveraine d'un pays pour l'heure crédité d'un peu glorieux BBB, l'échelon le plus bas dans la catégorie investissement.

Des hausses d'impôts sont à prévoir de même que des augmentations des tarifs des transports en commun, de l'essence ou d'autres prix administrés. Dilma Rousseff n'a guère suivi cette piste pour l'instant, de crainte d'aggraver encore une inflation qui avoisine 6%.

Bien menée, une politique d'austérité pourrait rééquilibrer l'économie, rétablir la confiance du secteur privé et ramener à terme une croissance de l'ordre de 4% par an.

La médaille a toutefois son revers puisque de telles mesures étoufferaient la demande intérieure et pèseraient dans un premier temps sur la progression du PIB.

"L'année 2015 sera marquée par des ajustements massifs", prédit Marcelo Salomon, économiste en chef pour le Brésil chez Barclays. "Un choc de crédibilité indiquant que le gouvernement ne pense pas qu'à court terme est nécessaire".

HANDICAPS

Les maux actuels prennent leurs racines durant les années de plein essor.

Grâce à une forte demande de la Chine en soja et en minerai de fer, à une gestion budgétaire efficace et à la mise en place d'un solide système de protection sociale, le Brésil a fait sortir de la pauvreté plus de 35 millions de personnes depuis le milieu des années 1990. Il est aussi devenu une terre d'accueil pour de puissantes entreprises étrangères dans l'automobile, la grande distribution ou les télécoms.

Mais le Brésil, résument les économistes, a vendu trop de voitures sans construire assez de routes pendant ses années folles. Autrement dit, trop de consommation et pas assez d'investissements. Résultat: une économie handicapée par des infrastructures défaillantes et une faible productivité, avec pour conséquences une inflation élevée et une croissance au ralenti.

En poste depuis 2011, l'année du début du ralentissement, Dilma Rousseff a limité la casse en allégeant certains impôts tout en maintenant les dépenses budgétaires à un niveau suffisant pour stimuler l'économie.

Cette politique a permis d'obtenir une croissance de 2,3% en 2013 mais elle a un prix : un déficit budgétaire attendu à 4% du PIB en 2014. Un niveau suffisant pour qu'investisseurs et agences de notation réclament un coup de frein.

"L'optimisme a largement disparu" chez les entrepreneurs comme chez les consommateurs, relève Aloiso Campelo, en charge des enquêtes à la fondation Getulio Vargas, un institut d'études économiques. "Le gouvernement à venir devra s'en tenir à une stricte austérité budgétaire pour ramener la confiance".

(Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Angrand)

reuters.com

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