La réforme électorale italienne votée par les députés
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par Roberto Landucci
ROME (Reuters) - Les députés italiens ont adopté mercredi la réforme de la loi électorale voulue par Matteo Renzi, renforçant la position du nouveau président du Conseil qui s'apprête à présenter une importante réforme économique et fiscale.
La réforme électorale vise à permettre la formation de gouvernements stables et empêcher les situations de blocage comme celle qu'a connu l'Italie après les élections législatives de février 2013.
Le texte doit maintenant être voté par le Sénat, où il sera probablement amendé par les élus du Parti démocratique (PD, centre gauche), la formation de Matteo Renzi.
Cette réforme d'un système électoral très critiqué et jugé en partie anticonstitutionnel par la plus haute juridiction italienne était considérée comme un test de la capacité du jeune chef du gouvernement, âgé de 39 ans, à mettre en oeuvre les réformes ambitieuses qui permettront à l'Italie de sortir de sa plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale.
Matteo Renzi, qui était parvenu à un compromis avec le centre-droit de Silvio Berlusconi avant de présenter la réforme au Parlement, tenait à ce qu'elle soit votée avant de dévoiler une première batterie de réductions d'impôts.
Le président du Conseil doit présenter mercredi à 17h00, lors d'une conférence de presse, une série de réformes économiques et fiscales destinées à sortir l'Italie de deux années de récession et de chômage record.
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Elles devraient comprendre des baisses d'impôts d'environ dix milliards d'euros pour les bas revenus et un assouplissement du code du travail pour favoriser les créations d'emplois.
"Le 27 avril, il y aura 100 euros de plus sur les fiches de paie", a déclaré Matteo Renzi, cité par le quotidien La Repubblica.
LE SÉNAT PAS CONCERNÉ
La réforme électorale n'est pas directement liée aux mesures économiques mais son adoption rapide était indispensable pour ne pas faire dérailler d'emblée l'ambitieux calendrier élaboré par le président du Conseil après avoir fait chuter son prédécesseur, Enrico Letta, membre comme lui du Parti démocrate.
"Merci aux députés. Ils ont montré que nous pouvons changer l'Italie. Politique 1 - Défaitisme 0", a réagi Matteo Renzi sur son compte Twitter.
La nouvelle loi électorale a été critiquée par les petits partis, qui en seront les grands perdants, mais aussi par un certain nombre d'élus du PD qui ont accusé leur chef de file d'avoir fait trop de concessions à Silvio Berlusconi.
La loi fixe un seuil de représentation au Parlement (4,5% pour un parti membre d'une coalition, 8% s'il fait cavalier seul) et prévoit un second tour si aucun parti ou coalition ne recueille au moins 37% des voix.
Le parti qui arrive en tête du scrutin bénéficie d'une "prime au vainqueur" qui lui assure une majorité claire.
La loi ne remet en revanche pas en question certaines dispositions très critiquées du texte précédent, dont le système de "listes bloquées" qui ne permet pas aux électeurs de voter directement pour un candidat.
Surtout, elle ne s'applique pas au Sénat, qui dispose pour le moment de pouvoirs identiques à ceux de la chambre basse mais que Matteo Renzi entend transformer en assemblée représentative des régions, sans réel pouvoir, pour faciliter l'émergence d'une majorité parlementaire stable.
Une telle réforme requiert cependant un amendement de la Constitution, ce qui pourrait prendre au moins un an. Si de nouvelles élections devaient avoir lieu d'ici-là, elles se dérouleraient donc avec un système électoral différent pour chacune des deux chambres.
(Avec James Mackenzie; Danielle Rouquié et Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief)
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