Le modèle européen menacé sans une croissance de 2%, selon Lamy
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Le modèle européen menacé sans une croissance de 2%, selon Lamy
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par Yves Clarisse
PARIS (Reuters) - Le modèle européen ne peut survivre que si les gouvernements des Vingt-Huit assurent une croissance économique annuelle de 2% minimum grâce notamment à l'immigration et à l'achèvement du marché unique européen, a déclaré mercredi Pascal Lamy.
L'ancien commissaire européen et directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), désormais "homme libre", vient de publier "Quand la France s'éveillera", ouvrage dans lequel il avance des propositions pour remédier aux faiblesses structurelles de l'Union et de la France.
Avec 7% de la population, 20% de la production mais 50% des dépenses de sécurité sociale du monde, il estime que le modèle européen, "version civilisée de la mondialisation", est menacé mais qu'il est possible et indispensable de le sauver.
"Cette idée m'est apparue clairement après avoir passé huit ans à Genève et quinze ans à Bruxelles", a-t-il dit mercredi à un groupe de journalistes. "Le mode de vie européen fait partie intrinsèque de ce modèle européen", a-t-il ajouté.
"Mais au-dessous de 2% de croissance, il y a un danger pour le modèle européen et donc pour l'identité européenne."
Pour y parvenir, il propose trois axes majeurs.
La faiblesse de la démographie de l'UE oblige selon lui à faire appel à l'immigration, même si c'est impopulaire.
L'absence de ressources énergétiques doit inciter les gouvernements des Vingt-Huit à créer une politique commune de l'énergie, notamment pour négocier avec les fournisseurs et créer un réseau européen sans se priver d'une éventuelle exploitation des gaz de schiste respectueuse de l'environnement.
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Enfin, l'Europe doit rattraper son retard technologique sur les Etats-Unis et enfin bâtir un marché unique des services, qui n'est pour l'instant réalisé qu'à 30%, alors qu'elle compte 500 millions de consommateurs riches.
PAS CANDIDAT À UN POSTE MINISTÉRIEL
Pascal Lamy affirme qu'il ne s'agit pas d'une plate-forme politique et dit ne pas être un candidat à un poste ministériel alors que son nom est cité dans le cadre d'un possible remaniement après les municipales de mars.
Reçu une nouvelle fois mardi par François Hollande à l'Elysée, il ambitionne seulement, par son livre, de "permettre à certains de nos compatriotes de recaler leur GPS".
"Je suis un homme libre depuis le 1er septembre", date de son départ de l'OMC, a-t-il expliqué. "J'apprécie cette position privilégie que je n'ai pas connue depuis quarante ans. Je ne suis pas dans le microcosme ou la rumeur parisienne."
Il ne se prive d'ailleurs pas de décocher quelques flèches en direction du Parti socialiste.
Certes, il salue le tournant social-démocrate de François Hollande, qui s'est converti avec le pacte de responsabilité à une politique de l'offre pour doper la compétitivité des entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes.
"C'est un tournant à mon avis nécessaire", a-t-il dit, saluant le "progrès considérable" que constitue à ses yeux la promotion du dialogue social en France.
Mais ce n'est "probablement pas suffisant à ma propre aune", a poursuivi celui que l'idéologie du PS continue à interloquer.
"Je suis d'accord avec 95% des sociaux-démocrates de cette planète, mais il est vrai que la majorité des 5% restants sont dans ce pays", a-t-il conclu.
(Edité par Grégory Blachier)
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