Présidentielle incertaine pour le Premier ministre slovaque
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Présidentielle incertaine pour le Premier ministre slovaque
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par Jan Lopatka
SKALICA Slovaquie (Reuters) - Longtemps favori, le Premier ministre Robert Fico est désormais sous la menace d'un rival à l'élection présidentielle qui aura lieu samedi en Slovaquie, les électeurs craignant de lui accorder trop de pouvoirs.
Andrej Kiska, un novice en politique qui a engrangé des millions de dollars dans le prêt à la consommation avant de devenir philanthrope en 2006 et de diriger une organisation caritative pour les familles d'enfants malades, accuse certes encore un retard de 9 à 15% sur le chef du gouvernement.
Mais l'écart se resserre et certains instituts parient même sur une défaite de Fico au soir du second tour, le 29 mars.
"Le président ne doit pas être partisan, il doit être indépendant, pour que le gouvernement ait un contre-pouvoir sain", fait valoir Andrej Kiska.
Dans le système parlementaire slovaque, c'est le Premier ministre qui dispose de la plupart des pouvoirs mais le président, en dépit de ses prérogatives limitées, est élu au suffrage direct.
Du coup, certains prêtent à Robert Fico, énergique avocat de 49 ans, la volonté d'élargir ses pouvoirs grâce à des amendements constitutionnels s'il est élu à la tête de l'Etat.
"C'est un homme politique jeune et ambitieux qui voudra bâtir un système semi-présidentiel, sinon présidentiel", estime le politologue Samuel Abraham, directeur de l'école supérieure des arts libéraux BISLA à Bratislava.
Le Smer, le parti de centre gauche fondé en 1999 par Robert Fico, "a déjà la majorité des sièges au parlement, ils ne peuvent avoir aussi la présidence", commente un électeur, Miroslav Rehak, chauffeur routier. "Je ne dis pas qu'avoir Kiska, c'est comme gagner à la loterie, mais ce sera certainement un changement, quelque chose de nouveau."
MILLE ET UNE POMPES
En 2004, le président Ivan Gasparovic avait déjà profité de la méfiance des électeurs slovaques vis-à-vis de l'ancien Premier ministre Vladimir Meciar, à la réputation autoritaire, pour décrocher le premier de ses deux quinquennats.
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Cette fois, Kiska joue la carte du mécontentement populaire face à la corruption au sein des partis établis, en rappelant par exemple que le président a le pouvoir de nomination des hauts responsables judiciaires.
Car, malgré les réformes économiques, une forte croissance et l'adoption de l'euro en 2009 qui font du pays l'un des plus dynamiques de l'ancien bloc de l'Est, la plupart des anciens gouvernements ont été impliqués dans des scandales de corruption liés notamment aux privatisations.
Les analystes politiques soulignent cependant qu'Andrej Kiska, père de quatre enfants qui refuse toute étiquette de droite comme de gauche, manque de vision politique claire.
Robert Fico, lui, dément chercher à élargir ses pouvoirs et insiste sur son expérience à la tête du gouvernement, qu'il dirige depuis six ans.
Tout en critiquant les grandes multinationales, il accueille favorablement les investisseurs étrangers et a réussi à préserver la paix sociale malgré un taux de chômage de 13,6%.
Il cultive parallèlement une image de mâle vigoureux, à l'instar d'un Vladimir Poutine, plus à l'est. Il a ainsi effectué l'année dernière 1.001 pompes en une demi-heure face à une unité d'élite de l'armée.
L'un de ses fidèles lieutenants, Robert Kalinak, est prêt à lui succéder au poste de Premier ministre.
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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