Victoire attendue du centre droit aux législatives en Serbie
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Victoire attendue du centre droit aux législatives en Serbie
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par Matt Robinson et Ivana Sekularac
BELGRADE (Reuters) - Conduit par Aleksandar Vucic, un ancien ultranationaliste converti à l'Europe, le Parti progressiste serbe (SNS, centre droit), qui domine l'alliance au pouvoir à Belgrade, est donné largement favori des élections législatives anticipées qui ont débuté dimanche en Serbie.
L'accélération du calendrier électoral a été décidée en janvier par le gouvernement de coalition, qui souhaite un mandat affermi pour mener à bien les réformes structurelles nécessaires au rétablissement des finances du pays et exigées par le Fonds monétaire international (FMI).
Au terme de ce scrutin, et si les prévisions des instituts de sondage se vérifient, Aleksandar Vucic pourrait se voir en mesure de succéder au socialiste Ivica Dacic au poste de Premier ministre.
Il est depuis un an et demi vice-Premier ministre, chargé de la défense, de la sécurité et de la lutte contre la corruption, et sa popularité n'a cessé de croître ces derniers mois.
Le SNS est crédité de plus de 40% des voix, trois fois plus que son principal rival, le Parti démocratique (DS) d'opposition - du jamais vu depuis la chute de Slobodan Milosevic en 2000.
"Les réformes, les créations d'emploi et la lutte contre la corruption seront notre priorité après les élections", a déclaré dimanche Aleksandar Vucic, en jeans et sweat-shirt, après avoir déposé son bulletin dans l'urne peu après l'ouverture des bureaux de vote, à 07h00 locales (06h00 GMT).
Pour Timothy Ash, responsable des marchés émergents chez Standard Bank, la Serbie pourrait devenir sous sa direction un "enfant modèle" du FMI.
"La classe politique et la population semblent vouloir des réformes et un nouveau gouvernement avec un mandat renforcé n'aura donc aucune excuse pour ne pas réformer", dit-il.
Si tout se passe comme prévu, la Serbie devrait rejoindre l'Union européenne (UE) lors de la prochaine législature de quatre ans, donc probablement avec Vucic comme chef du gouvernement, ce qui apparaissait impossible il y a quelques années.
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"UN HOMME À POIGNE"
Jusqu'en 2008 en effet, Aleksandar Vucic était un farouche adversaire de l'UE et un défenseur passionné de la "Grande Serbie", prônée par les ultranationalistes à la suite de l'éclatement de la Yougoslavie.
Sur YouTube, on peut le voir sur d'anciennes vidéos s'emporter contre la politique "antiserbe" des Occidentaux ou prendre la défense du dirigeant serbe de Bosnie Ratko Mladic, poursuivi par la justice internationale pour le massacre de 8.000 Musulmans à Srebrenica en 1995.
Il y a six ans, pourtant, il a rompu avec le Parti radical (nationaliste) et s'est rallié à l'idée européenne, meilleur moyen selon lui pour assurer la prospérité de la Serbie.
Ses adversaires ont dénoncé un ralliement purement tactique et mettent en doute la sincérité de ses convictions.
"Vucic est un homme à poigne et les Serbes aiment ça", dit Marko Blagojevic, du Centre pour des élections libres et la démocratie, basé à Belgrade. "La situation est telle que les gens recherchent l'autorité."
Les médias serbes se montrent de plus en plus prudents envers Vucic, qui a été ministre de l'Information dans les années 1990, quand la presse hostile à Milosevic était largement muselée.
"Son slogan aujourd'hui, c'est 'tout le monde pour les réformes', mais encore récemment c'était 'tout le monde en uniforme'", s'amuse Milivoj Vrebalov, membre du Parti démocratique arrivé au pouvoir après la chute de Milosevic mais qui s'est scindé en deux après sa défaite électorale il y a deux ans.
Juriste de formation, Aleksandar Vucic, âgé de 44 ans, reconnaît avoir commis des erreurs et dit en avoir beaucoup appris. Il a policé son image ces dernières années et n'a pas ménagé ses efforts au gouvernement, faisant montre d'énergie et d'inventivité dans la lutte contre la corruption, comme le reconnaissent plusieurs ses adversaires.
(Guy Kerivel et Tangi Salaün pour le service français)
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