La Chine rejette un rapport de l'Onu sur la Corée du Nord
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GENEVE (Reuters) - La Chine a rejeté lundi le rapport commandé par le Conseil des droits de l'homme de l'Onu qui accuse le régime nord-coréen de crimes contre l'humanité.
Les défenseurs des droits de l'homme redoutaient que Pékin ne se fasse ainsi le protecteur de Pyongyang.
Dans leur rapport publié en février, les enquêteurs de l'Onu estiment que les chefs des services de sécurité nord-coréens ainsi que le numéro un Kim Jong-un devraient être traduits devant la Cour pénale internationale (CPI) pour avoir ordonné des tortures et des tueries et provoqué des famines parmi la population.
Ils ajoutent que la situation en Corée du Nord rappelle les atrocités commises par l'Allemagne nazie.
Mais Chen Chuandong, conseiller de la mission chinoise auprès du Conseil des droits de l'homme de l'Onu, a déclaré lundi que ces accusations étaient sans fondement et que les préconisations des enquêteurs étaient en "complet décalage avec la réalité".
"L'incapacité de la commission à obtenir le soutien et la coopération du pays concerné l'a empêché d'accomplir sa tâche d'une manière impartiale, objective et efficace", a-t-il dit.
La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité de l'Onu, peut opposer son veto à toute tentative de renvoi du dossier nord-coréen devant la Cour pénale internationale.
Ouvrant les débats lundi à Genève, le président de la commission d'enquête, l'ancien magistrat australien Michael Kirby, avait appelé les nations à faire face avec courage à la situation nord-coréenne.
"Combattre les fléaux du nazisme, de l'apartheid, des Khmers rouges et autres requièrent du courage de la part des grandes nations comme des êtres humains ordinaires. C'est aujourd'hui votre devoir solennel de vous dresser contre le fléau des violations des droits de l'homme et des crimes contre l'humanité en République populaire démocratique de Corée", a-t-il dit.
Mais le délégué chinois a mis en avant le mode de collecte des témoignages et récits qui alimente le rapport, des informations et des interviews recueillies hors de Corée du Nord. "Dès lors, la question se pose de savoir si cette enquête peut être vraiment crédible", a-t-il ajouté.
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(Tom Miles; Henri-Pierre André pour le service français)
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