La liste des suspects de crimes de guerre en Syrie s'allonge
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La liste des suspects de crimes de guerre en Syrie s'allonge
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par Stephanie Nebehay
GENEVE (Reuters) - La commission d'enquête de l'Onu sur la Syrie a allongé sa liste des personnalités soupçonnées de crimes de guerre dans le conflit syrien, à la suite de nouvelles atrocités commises depuis le début de l'année, a annoncé son chef mardi devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies.
Les personnalités visées proviennent aussi bien du camp gouvernemental, notamment de l'armée et des services de renseignement, que des rangs de l'insurrection, a précisé Paulo Pinheiro.
Quatre listes confidentielles de suspects ont été établies jusqu'à présent par cette commission d'enquête formée en septembre 2011, six mois après le début du soulèvement contre Bachar al Assad.
"La 'liste des auteurs', ainsi que nous l'appelons, contient les noms de personnes pénalement responsables d'enlèvements, de torture et d'exécutions", a dit Paulo Pinheiro.
"Il contient aussi les noms de responsables d'agences des services de renseignement et de centres de détention où des détenus sont torturés, les noms de chefs militaires qui prennent des civils pour cibles, (de responsables) d'aéroports à partir desquels des bombardements à l'aide de barils d'explosifs sont planifiés et exécutés et de groupes armés impliqués dans des attaques et des déplacements de civils", a-t-il ajouté.
Les forces gouvernementales ont largué des barils d'explosifs sur Alep et d'autres villes, où ont été signalées de nombreuses victimes civiles dans des secteurs apparemment dépourvus d'objectifs militaires identifiés, et elles ont soumis des prisonniers à de graves tortures, affirment les enquêteurs dans leur dernier rapport.
DEMANDE DE SAISINE DE LA CPI
Les rebelles ont pour leur part eu recours à des attentats suicide et à la voiture piégée dans des zones civiles, également en violation du droit international, ajoutent-ils.
Les enquêteurs font état d'une recrudescence des hostilités entre groupes rebelles rivaux entre le 20 janvier et le 10 mars dans les provinces du nord et de l'est de la Syrie où les combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont été attaqués par une coalition d'autres insurgés.
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Les hommes de l'EIIL ont exécuté des prisonniers, dont des civils, et capturé des soldats à Alep, Idlib et Rakka dans les heures et les jours ayant précédé l'attaque de leurs rivaux, notamment ceux du Front islamique, soulignent les enquêteurs.
L'EIIL a installé son quartier général dans le bâtiment de l'hôpital pour enfants d'Alep, qu'il a transformé en prison. Des rebelles issus de groupes rivaux ont par la suite découvert un "terrain d'exécution" près de l'hôpital.
"Dans les jours et les heures précédant l'attaque, les combattants de l'EIIL ont procédé à des exécutions massives de prisonniers, commettant ainsi des crimes de guerre. Le nombre de tués ainsi que les soupçons d'existence de fosses communes liées à ces exécutions continuent de faire l'objet d'une enquête", est-il écrit dans le rapport.
La France, la Grande-Bretagne, la Suisse et l'Union européenne ont appuyé mardi la demande des enquêteurs d'une saisine de la Cour pénale internationale (CPI) par le Conseil de sécurité de l'Onu.
Le représentant de la Syrie, Fayçal Khabbaz Hamoui, a qualifié cet appel à une saisine de la CPI d'"initiative politisée et illégale". Il a accusé les enquêteurs de servir les intérêts politiques de pays soutenant les rebelles, citant le Qatar, les Etats-Unis, la Turquie et l'Arabie saoudite.
(Bertrand Boucey pour le service français)
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