L'envoi de la mission européenne en RCA retardé par l'Ukraine
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L'envoi de la mission européenne en RCA retardé par l'Ukraine
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PARIS (Reuters) - L'amplification de la crise en Ukraine a retardé le déploiement de la mission militaire européenne en Centrafrique, a déclaré mercredi le général français Philippe Pontiès, commandant de l'Eufor, démentant toutefois toute situation de blocage.
La France a estimé vendredi que le déploiement de militaires européens en RCA, décidé le 10 février dernier, était menacé par les tergiversations de ses partenaires européens qu'elle a appelé à leurs responsabilités.
L'Eufor-RCA devait être officiellement lancée lundi et être déployée fin mars sur le terrain pour atteindre sa pleine capacité fin avril mais Bruxelles, qui espère mobiliser entre 800 et 1.000 hommes, peine à convaincre certains de ses Etats membres à s'engager au sein de la mission.
Quelque 80% seulement des forces prévues sont pourvues, selon des sources européennes qui font un lien entre ces difficultés et la crise en Ukraine.
"Je crois en tout cas que la situation internationale telle que nous la vivons aujourd'hui explique en partie le fait que le processus de génération de forces ne va pas aussi vite que prévu", a déclaré le général Philippe Pontiès sur RFI.
"Mais nous ne sommes pas dans une situation de blocage, contrairement à ce que j'ai pu entendre ou lire ici ou là."
Deux compagnies d'infanterie, soit à peu près 300 soldats, une section de forces spéciales et une compagnie de gendarmerie fournie par la force de gendarmerie européenne composent actuellement Eufor-RCA, selon le général. Il manque encore une centaine d'hommes et des contributions logistiques.
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"Donc il y a encore un pas à faire pour que le lancement puisse être recommandé", a-t-il dit. "Ce pas n'est pas grand, mais il est essentiel et nous l'attendons évidemment avec impatience."
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Outre la France, la Géorgie, l'Estonie, la Lettonie, la Pologne, le Portugal et l'Espagne ont accepté de contribuer à cette mission, créée en soutien aux 6.000 soldats de la force africaine Misca et des 2.000 soldats français de Sangaris.
L'opération européenne doit durer six mois "à partir du moment où la pleine capacité opérationnelle aura été prononcée" et doit permettre de faire le lien entre la situation actuelle et une force multinationale, sans doute renforcée à l'horizon de la fin de l'année 2014, a indiqué le général Pontiès.
La Centrafrique est plongée dans une vague de violences depuis le coup d'Etat des rebelles musulmans de l'ex-Séléka, en mars 2013, qui a été suivi par plusieurs mois d'exactions contre les chrétiens. Les violences, qui se sont ensuite généralisées, ont fait des milliers de morts et près d'un million de déplacés.
Un an après le début de la crise, Médecins sans Frontières a exprimé sa crainte de voir le conflit passer au second plan et être progressivement oublié.
"Ce qui est le plus choquant c'est de voir la non réaction des autorités centrafricaines et de la communauté internationale", a dit Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission RCA, lors d'une conférence de presse à Paris.
Pour l'ONG, les autorités centrafricaines et la communauté internationale doivent prendre des décisions concernant les déplacés et les enclaves musulmanes.
"On ne peut pas demander aux humanitaires de prendre la responsabilité de la constitution et de la poursuite des enclaves", a dit Marie-Noëlle Rodrigue, directrice des opérations chez MSF.
(Marine Pennetier, avec John Irish, édité par Yves Clarisse)
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