Le monde réexamine ses relations avec la Russie, dit Washington
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par Jeff Mason et Steve Holland
WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis et leurs alliés réfléchissent à leurs relations avec la Russie et à la place de cette dernière dans la communauté internationale après son intervention en Ukraine ayant abouti à l'annexion de la Crimée, a déclaré vendredi la Maison blanche.
Barack Obama effectue la semaine prochaine une tournée en Europe où il devrait exhorter ses alliés européens à imposer de lourdes sanctions contre la Russie.
Le président américain débutera cette tournée lundi aux Pays-Bas pour un sommet international sur la sécurité nucléaire prévu de longue date, à La Haye. La question de l'attitude russe à l'égard de l'Ukraine devrait toutefois dominer ses entretiens avec ses partenaires du G7.
Susan Rice, sa conseillère à la sécurité nationale, a déclaré à la presse vendredi que cette tournée permettrait de souligner la robustesse des alliances nouées par les Etats-Unis en Europe, en Asie et au Proche-Orient.
La communauté internationale, a-t-elle dit, réexamine de manière globale sa relation avec la Russie après avoir oeuvré à son intégration dans l'économie mondiale et dans "la structure du système international" depuis la fin de la Guerre froide.
"Mais cela était fondé sur l'attente de voir la Russie respecter les règles du jeu", a déclaré Susan Rice.
"Ce à quoi nous avons assisté en Ukraine représente à l'évidence un écart monumental par rapport à cela et cela amène les pays et les peuples d'Europe et la communauté internationale - et bien sûr les Etats-Unis - à réfléchir, que cela signifie-t-il et quelles en sont les conséquences?"
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MOUVEMENTS DE TROUPES
Les Etats-Unis ont d'ores et déjà pris des sanctions contre la Russie et Barack Obama a en outre menacé de viser des pans importants de l'économie russe, ce qui alarme les investisseurs. Depuis début mars, la capitalisation du marché boursier russe a fondu de 43 milliards d'euros et la banque centrale a dépensé plus de 16 milliards pour soutenir le rouble.
Barack Obama devrait inciter ses partenaires de l'Union européenne, qui ont eux aussi imposé des sanctions à la Russie, à les renforcer pour accroître la pression sur Vladimir Poutine, prédit Heather Conley, du Center for Strategic and International Studies à Washington.
"Ces sanctions vont être très rudes et très douloureuses", dit-elle.
"C'est pourquoi les Etats-Unis doivent s'employer très fortement à convaincre les plus réticents, qui seront nos trois principaux alliés en Europe - l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni - qu'ils doivent mettre leurs intérêts économiques de côté", ajoute-t-elle.
Susan Rice a insisté sur la bonne coordination jusqu'à présent entre Washington et ses alliés européens et elle a laissé entendre que la discussion entre membres du G7 porterait notamment sur le bien-fondé de l'existence du G8, auquel la Russie appartient.
Elle a déclaré que les Etats-Unis n'étaient pas convaincus par les propos rassurants de la Russie selon lesquels les mouvements de troupes russes observés à la frontière de l'Ukraine étaient de simples manoeuvres militaires.
"Evidemment étant donné leurs pratiques passées et le fossé entre ce qu'ils ont dit et ce qu'ils ont fait, nous observons cela avec scepticisme", a-t-elle dit.
(Avec Mark Felsenthal; Bertrand Boucey pour le service français)
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