La Turquie abat un avion de chasse syrien
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par Daren Butler
ISTANBUL (Reuters) - L'armée turque a abattu dimanche un avion de chasse syrien qui, selon la Turquie, avait pénétré dans son espace aérien dans un secteur où se déroulent depuis vendredi des combats entre des rebelles syriens et les forces gouvernementales de Bachar al Assad pour le contrôle du poste-frontière de Kassab.
La Syrie a condamné une "agression flagrante" et affirmé que l'avion avait été abattu par la Turquie alors qu'il pourchassait des rebelles en territoire syrien. Elle a précisé que le pilote était parvenu à s'éjecter de l'appareil avant qu'il ne percute le sol.
"Un avion syrien a violé notre espace aérien. Nos F-16 ont décollé et frappé cet avion. Pourquoi? Parce que si vous violez mon espace aérien, notre gifle après cela sera forte", a dit Recep Tayyip Erdogan lors d'un rassemblement électoral dans le nord-ouest de la Turquie en vue du scrutin municipal du 30 mars.
L'état-major de l'armée turque a précisé que l'un de ses centres de contrôle avait repéré deux MIG-23 syriens vers 13h00 (11h00 GMT) et qu'il leur avait adressé des mises en garde à quatre reprises alors qu'ils s'étaient approchés de la frontière turque.
L'un de ces avions est entré dans l'espace aérien de la Turquie au niveau de Yayladagi, à l'est du poste-frontière de Kassab, a poursuivi l'état-major turc. Un F-16 turc a tiré un missile contre l'avion syrien, qui s'est écrasé en Syrie à environ 1.200 mètres de la frontière.
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Sur une vidéo diffusée par les rebelles syriens, on voit de la fumée s'élever des collines boisées situées dans cette zone frontalière. Cette fumée provient selon eux de la carcasse de l'avion.
Cet incident s'est produit dans le même secteur où, en septembre, des avions de chasse turcs ont abattu un hélicoptère syrien entré dans l'espace aérien de la Turquie.
COMBATS À ALEP
Jadis allié de Bachar al Assad, Recep Tayyip Erdogan est désormais un virulent détracteur du président syrien auquel il reproche sa riposte militaire au soulèvement de mars 2011. La Syrie a depuis basculé dans une guerre qui a fait plus de 140.000 morts et des millions de déplacés ou de réfugiés.
Les autorités syriennes affirment que l'offensive lancée vendredi par des rebelles islamistes sunnites dans le secteur du poste-frontière de Kassab constitue une nouvelle escalade de la part de la Turquie, qu'elles accusent de bombarder le territoire syrien à l'aide de chars et de pièces d'artillerie pour couvrir les rebelles.
Une source au ministère syrien des Affaires étrangères citée par l'agence de presse officielle Sana a jugé que les actions turques étaient "sans précédent et injustifiées".
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état de combats intenses pour le troisième jour consécutif dans le secteur de Kassab. Selon l'OSDH, les rebelles se sont emparés du poste-frontière mais les forces gouvernementales, qui contrôlent toujours le village voisin de Kassab, tentent de riposter en bénéficiant d'un appui aérien.
L'OSDH rapporte aussi que les rebelles ont lancé une autre attaque dimanche dans la province de Lattaquié contre le village de Solas, à environ 25 km au sud de Kassab. La province côtière de Lattaquié est un bastion de la minorité alaouite dont est issu le président syrien.
A Alep, la grande ville du nord de la Syrie, les rebelles affirment s'être emparés d'un ancien commissariat de police en lisière de la citadelle médiévale. Ils disent avoir aussi progressé dans le quartier de Layramoun et sur une colline proche dominant la grande route à la sortie nord-ouest de la ville.
(Avec Dominic Evans à Beyrouth; Bertrand Boucey pour le service français)
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