Test électoral à risque pour François Hollande et le PS
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PARIS (Reuters) - Près de 45 millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche en France pour le premier tour de municipales à risque pour François Hollande et son gouvernement, qui battent des records d'impopularité.
L'abstention, que les instituts de sondage prédisent élevée, pourrait accentuer le caractère de vote sanction de ce premier grand test électoral depuis le retour des socialistes au pouvoir en 2012.
Le taux de participation s'élevait à 54,72% à 17h00, soit sensiblement moins que lors du précédent scrutin de 2008, où il était de 56,25% à la même heure, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur.
La participation définitive du premier tour des élections municipales de 2008 avait été de 66,54%, un plus bas depuis 1959.
Le Front national table sur l'impopularité de la gauche et les affaires qui ébranlent à droite l'UMP pour tirer son épingle du jeu et imposer un maximum de triangulaires au deuxième tour, le 30 mars.
La formation présidée par Marine Le Pen, qui présente 596 listes, espère renouer avec ses succès de 1995 en obtenant un millier d'élus, contre une cinquantaine aujourd'hui. Elle vise aussi la victoire dans des villes comme Hénin-Beaumont (Nord), Tarascon (Bouches-du-Rhône), Saint-Gilles (Gard) ou Brignoles (Var).
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François Hollande a voté à 11h00 à Tulle (Corrèze), ville dont il fut le maire jusqu'en 2012.
La situation est d'autant plus difficile pour le Parti socialiste qu'il avait réalisé un score historiquement élevé aux municipales de 2008, qui avaient tourné au vote sanction contre Nicolas Sarkozy.
LES TRIANGULAIRES POURRAIENT GÊNER L'UMP
Avec une cote de popularité d'à peine plus de 20%, qui augure mal de la mobilisation de son électorat, François Hollande se trouve dans la même situation cinq ans plus tard. Mais son parti paraît en position de sauver la mise dans les plus grandes villes, à commencer par Paris et Lyon.
Il pourrait y ajouter Marseille, où le scrutin s'annonce serré entre le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin et le socialiste Patrick Mennucci.
L'UMP scrute les villes de plus de 9.000 habitants (près de 1.100 municipalités) où la gauche est pour l'instant majoritaire à 54,5% et compte inverser le rapport de forces.
Elle pense aussi avoir des chances dans des villes de 30.000 à 100.000 habitants tenues par la majorité comme Reims, Angers, Saint-Etienne, Metz, Belfort, Valence, Rodez, Laval, Amiens, Tourcoing, La Seyne-sur-Mer.
L'un des objectifs de l'UMP est d'augmenter le nombre de grands électeurs de la droite pour les élections sénatoriales de fin septembre (178 sièges à renouveler) et reprendre le pouvoir à la Haute Assemblée.
Un nombre élevé de triangulaires au second tour pourrait cependant contrarier ses espoirs de "vague bleue". Les instituts de sondage tablent sur au moins 150 triangulaires, voire plus de 200 pour certains. Par comparaison, le Front national s'était maintenu dans 138 villes au second tour en 1995.
(Yann Le Guernigou)
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