Deux nouveaux décès au Venezuela, où la contestation se poursuit
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CARACAS (Reuters) - Une femme enceinte et un soldat ont été tués au Venezuela, où les violentes manifestations anti-gouvernementales ont fait 36 morts depuis le début du mois de février, a-t-on appris lundi auprès des autorités.
La femme, qui était âgée de vingt-huit ans, a été tuée par balle dimanche dans la commune de Guaicaipuro, près de Caracas; le soldat est tombé dans l'Etat de Merida, dans l'ouest du pays.
D'après les services du procureur, Adriana Urquiola a été mortellement touchée après être descendue d'un bus stoppé par une barricade érigée par des manifestants.
"Nous rejetons catégoriquement les manifestations qui ont provoqué sa mort", a déclaré le maire socialiste de Guaicaipuro, Francisco Garces.
Le militaire tué dans l'Etat de Merida, un sergent de la Garde nationale, a reçu une balle dans le cou lors d'affrontements avec des manifestants. "Il a été assassiné sur les barricades de la terreur", a dénoncé le général Padrino Lopez, qui commande les forces stratégiques de l'armée.
Les troubles que traverse le Venezuela, moins d'un après l'élection de Nicolas Maduro, l'héritier d'Hugo Chavez, à la présidence, sont sans précédent depuis l'éphémère coup d'Etat d'avril 2002 contre l'architecte de la "révolution socialiste bolivarienne".
Le mouvement est parti des campus étudiants. Il s'est transformé en une remise en cause radicale du gouvernement socialiste de Maduro, dont les manifestants réclament la démission.
Lundi, les élus socialistes du Congrès ont réclamé l'ouverture d'une enquête contre Maria Corina Machado, une députée de l'opposition et figure de la contestation accusée d'avoir dénigré le gouvernement lors d'une rencontre organisée par l'Organisation des Etats américains (OEA).
Députée depuis 2010, Maria Machado a contribué à transformer les manifestations sporadiques d'étudiants en un mouvement de protestation national, marqué à la fois par des défilés pacifiques et des affrontements violents entre de jeunes protestataires et les forces anti-émeute.
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Cible privilégiée des "chavistes", elle s'était fait connaître en 2003 en organisant la collecte de signatures pour un référendum contre le défunt président Chavez, mort il y a un an. L'association qu'elle dirigeait avait reçu de l'argent des Etats-Unis.
(Daniel Wallis avec Javier Faria à San Cristobal; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)
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