Elections sénatoriales en Thaïlande avant l'audition de Yingluck
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par Amy Sawitta Lefevre
BANGKOK (Reuters) - Les Thaïlandais sont appelés aux urnes dimanche pour renouveler la moitié du Sénat à la veille de la comparution de la Première ministre Yingluck Shinawatra devant la Commission nationale anticorruption.
L'opposition, qui manifeste régulièrement depuis novembre pour obtenir sa démission, réclame une procédure de destitution dont l'issue pourrait dépendre de la chambre haute.
Accusée de manquements à ses obligations pour les coûteuses subventions allouées à la riziculture, Yingluck Shinawatra plaidera sa cause lundi devant la Commission anticorruption.
La contestation en cours n'est que le dernier épisode d'une crise politique qui agite la Thaïlande depuis huit ans.
Elle oppose d'un côté les classes moyennes et les élites conservatrices et, de l'autre, des militants souvent issus de milieux modestes et ruraux, favorables à Yingluck Shinawatra et à son frère Thaksin, renversé par l'armée en 2006, qui vit en exil après avoir été condamné pour corruption.
Les manifestations parfois violentes organisées depuis novembre ont fait 23 morts. Plusieurs dizaines de dizaines de milliers de personnes ont encore défilé samedi à Bangkok.
Les contestataires du Comité de réforme démocratique du peuple (PDRC), ont en outre perturbé les élections législatives anticipées du 2 février, que Yingluck avait convoquées pour tenter de désamorcer la crise, ce qui a entraîné leur invalidation par la Cour Constitutionnelle, le 21 mars.
77 SIÈGES EN JEU
Le scrutin de dimanche porte sur 77 des 150 sièges de la chambre haute. Les 73 autres sénateurs sont nommés et globalement acquis à la cause des contestataires. Pour aboutir, une éventuelle procédure de destitution devra réunir les trois cinquièmes des suffrages.
Bien que l'affiliation aux partis soit interdite dans une assemblée censée être apolitique, les 77 sièges à pourvoir dépendront du parrainage d'institutions locales marquées politiquement, en particulier dans les zones rurales qui sont souvent favorables à Yingluck Shinawatra.
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"Le scrutin sénatorial va sans doute donner le même résultat que les législatives invalidées, c'est-à-dire en faveur du gouvernement. Toutefois, la plupart - environ 90% - des sénateurs nommés sont hostiles au gouvernement. Par conséquent, si les sénateurs sont invités à se prononcer sur la destitution de Yingluck, ils seront très proches du nombre de voix nécessaire", estime le politologue Kan Yuenyong.
Les sénateurs non élus sont désignés par une commission formée notamment des dirigeants de la Commission anticorruption, de la Cour constitutionnelle, de la Commission de contrôle de l'Etat et d'un représentant de la Cour suprême. Dans le "camp Shinawatra", beaucoup sont taxés de partialité.
(Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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