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Manuel Valls, l'homme à poigne du PS à Matignon

reuters.com

Publié le 31 mars 2014 à 16:22 - Mis à jour le 31 mars 2014 à 19:00

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PARIS (Reuters) - Manuel Valls, nommé Premier ministre lundi par François Hollande, doit notamment son ascension à sa réputation d'homme à poigne du Parti socialiste, ébauchée à la fin des années 1990 et peaufinée au ministère de l'Intérieur.

Classé à l'aile droite du Parti socialiste, ce quinquagénaire ambitieux a été longtemps le ministre le plus populaire du gouvernement en s'affichant sans complexe comme le "premier flic de France".

Fin février, près d'un Français sur deux (49%) voyaient en lui l'alternative la plus crédible à Jean-Marc Ayrault.

Ce catalan de 51 ans au regard aigu, à la frange brune et au verbe tranchant rêve d'entrer un jour à l'Elysée et s'y prépare depuis longtemps, selon Jacques Hennen et Gilles Verdez, les auteurs de "Manuel Valls, les secrets d'un destin".

Manuel Valls a toutefois chuté ces derniers mois dans les sondages, payant peut-être, selon l'institut de sondages Opinionway, sa mobilisation pour interdire les spectacles du polémiste Dieudonné ainsi que son bilan mitigé contre la délinquance.

A en croire "Valls à l'intérieur", écrit par deux journalistes du Monde, David Revault d'Allonnes et Laurent Borredon, l'ancien maire d'Evry est très contesté dans son propre camp.

"La ligne de conduite de Manuel n'est servie que par son ambition. Un arrivisme permanent qui fait qu'il n'est jamais lui. A l'intérieur, c'est quand même effroyablement vide. Il aurait tout intérêt à stopper. Sa vie est un calcul", dit de lui un intime de Dominique Strauss-Kahn.

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DÉCOMPLEXÉ

Avant d'accéder à l'Intérieur, il tenait l'essentiel de son expérience de ses quatre ans au cabinet de Lionel Jospin en tant que conseiller pour la communication, et de ses mandats de maire d'Evry depuis 2001 et de député de l'Essonne depuis 2002.

Né en 1962 en Catalogne, ce diplômé d'histoire est l'un des rares hommes politiques français à avoir acquis la nationalité par naturalisation, à l'âge de 19 ans.

Entré à 17 ans au PS, il rallie d'abord Michel Rocard et sa "deuxième gauche", avant de devenir jospiniste puis, sur le tard, fervent défenseur de François Hollande.

Les relations entre le chef de l'Etat et Manuel Valls n'ont pas toujours été roses. En décembre 2004, comme il défend le "non" au projet de Constitution européenne auquel François Hollande, à l'époque premier secrétaire du PS, appelle à voter "oui", il est évincé du secrétariat national du parti.

Fin 2008, lors du congrès de Reims, il défend jusqu'au bout la candidature à la direction du PS de l'ex-conjointe de François Hollande, Ségolène Royal, et dénonce des "fraudes" en faveur de Martine Aubry, élue première secrétaire.

Ses critiques contre la nouvelle direction d'un parti qu'il a proposé de rebaptiser lui valent à l'été 2009 un ultimatum de Martine Aubry, qui le somme de rentrer dans le rang ou partir.

Manuel Valls n'en fera rien et continuera à prendre des positions dérangeantes pour le parti et ses dirigeants.

"PROVOCATION CRÉATRICE"

Adepte d'un discours "décomplexé", il se distingue pendant les primaires de 2011 en plaidant pour des Etats généraux sur la sécurité. Il se dit pour une politique de fermeté contre la délinquance et des polices municipales armées.

Il est proche d'Alain Bauer, spécialiste de ces questions, et sa première femme, Nathalie Soulié, a travaillé pour une société de consultants fondée par ce dernier, AB Associates.

Il est aussi un des rares élus de gauche à avoir soutenu l'interdiction par la loi du port de la burqa, à fustiger les "dégâts de l'égalitarisme" et de l'assistanat ou à prôner un allongement de la durée de cotisation pour les retraites.

Il s'attire aussi les foudres de ses rivaux en mettant en cause la semaine de 35 heures, réforme phare des années Jospin, ou en prônant une TVA anti-délocalisation, mesure analogue à celle que fera voter in extremis Nicolas Sarkozy.

Manuel Valls assume la part de provocation créatrice de ses prises de position et ressemble en cela à l'ex-président, qui l'aurait d'ailleurs approché au début de son mandat, dans l'espoir d'en faire un "ministre d'ouverture".

Mais arrivé avant-dernier du premier tour des primaires socialistes fin 2011 avec un score modeste, il est aussi le premier des perdants à rallier François Hollande, pour lequel il jouera un rôle clé dans la campagne présidentielle de 2012.

Ce père de quatre enfants, remarié en 2010 à la violoniste Anne Gravoin, met dès lors en sourdine ses réserves sur nombre de propositions du président, dont il est devenu rapidement un homme de confiance.

(Gérard Bon, Sophie Louet et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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