Renzi démissionnera si la réforme du Sénat italien est rejetée
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Renzi démissionnera si la réforme du Sénat italien est rejetée
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par James Mackenzie
ROME (Reuters) - Matteo Renzi prévient lundi dans la presse italienne qu'il démissionnera de la présidence du Conseil si son projet de limitation des prérogatives du Sénat, élément essentiel de son programme de réformes constitutionnelles, est bloqué.
Le gouvernement doit approuver lundi le projet de loi qui vise à transformer le Sénat en chambre non élue et dépourvue du droit d'approuver le budget et de voter la défiance.
Matteo Renzi, devenu en février le troisième président du Conseil en moins d'un an, juge cette réforme indispensable pour mettre fin à l'instabilité gouvernementale et permettre ainsi à l'Italie d'entreprendre de grandes réformes économiques.
"J'ai engagé ma crédibilité dans cette réforme; si elle ne passe pas, j'en assumerai les conséquences", a déclaré le chef du Parti démocrate (centre gauche) au Corriere della Sera.
Ce n'est pas la première fois que Matteo Renzi, 39 ans, met sa démission dans la balance. Le 12 mars, il avait déjà brandi une telle menace au moment de l'adoption d'une série de baisses d'impôts destinées à relancer la troisième économie de la zone euro.
La réforme du Sénat vise à mettre fin à un système qui accordait des prérogatives identiques aux deux chambres du Parlement, mais avec un mode de scrutin différent, rendant difficile l'émergence d'une majorité stable.
Elle s'inscrit dans un projet plus vaste de cure d'amaigrissement de l'appareil politique, composé à l'heure actuelle de 950 députés et sénateurs (contre 925 en France et seulement 535 aux Etats-Unis), et de nombreux échelons administratifs locaux.
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Mais en dépit d'appels répétés à la réforme institutionnelle venant de tous les côtés de l'échiquier politique, le projet de Matteo Renzi devrait rencontrer une forte résistance au Sénat, dont les 320 élus devront voter pour se déposséder eux-mêmes de leur pouvoir.
La semaine dernière, le président du Conseil a déjà dû engager la responsabilité de son gouvernement devant le Sénat pour que celui-ci vote une réforme des administrations provinciales. (voir)
La réforme du Sénat complète la réforme de la loi électorale que Matteo Renzi entend faire adopter d'ici la fin du mois de mai afin de garantir l'émergence d'une majorité stable lors des prochaines élections législatives.
Même si le Sénat accepte de renoncer à ses prérogatives, son application requerra encore une révision de la Constitution qui pourrait prendre jusqu'à un an.
(Tangi Salaün pour le service français)
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