Vers l'évacuation de musulmans menacés en Centrafrique
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L'Onu veut évacuer 19.000 musulmans menacés en Centrafrique
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L'Onu veut évacuer 19.000 musulmans menacés en Centrafrique
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GENEVE/PARIS (Reuters) - Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est dit prêt mardi à participer à l'évacuation d'urgence de 19.000 musulmans vivant à Bangui et dans d'autres régions de la République centrafricaine en raison des menaces que les milices chrétiennes anti-balaka font peser sur ces populations.
Lors d'une rencontre à Paris à la veille du sommet sur l'Afrique de Bruxelles, où la Centrafrique fera l'objet d'une réunion séparée, les présidents français et centrafricain ont reconnu une détérioration de la situation sécuritaire.
"Il y a toujours la volonté de groupes hostiles au processus de pacification, de réconciliation, qui montent la population contre une autre population. On voit bien que les musulmans sont directement visés", a dit François Hollande à l'Elysée.
"Que les musulmans sachent que les forces françaises, à travers Sangaris, sont présentes en Centrafrique pour les protéger. Que les Centrafricains sachent bien que nous sommes impartiaux, que nous sommes simplement aux côtés des Centrafricains", a insisté le président français devant la presse.
À ses côtés, Catherine Samba-Panza a dit constater "depuis deux semaines" une "nouvelle spirale de violences que nous avons essayé d'analyser pour apporter les réponses adéquates".
Les forces anti-balaka, qui se sont constituées sous forme de groupes d'auto-défense après la prise du pouvoir par les rebelles musulmans de la Séléka en mars 2013, contrôlent désormais plusieurs axes routiers stratégiques et nombre de villes et villages dans le sud-ouest du pays.
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Ces milices se sont peu à peu militarisées en multipliant les opérations contre les factions musulmanes et contre les casques bleus de l'Union africaine.
"Nous ne voulons pas rester sans rien faire et regarder ces gens se faire massacrer", a dit Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR. "C'est ce qui risque de se produire car la seule chose qui leur évite d'être tués désormais est la présence des militaires français et de la Misca".
FORCE EUROPÉENNE
Le gouvernement centrafricain ne parvient pas à endiguer les violences communautaires malgré la présence de 2.000 militaires français de l'opération Sangaris et de 6.000 soldats africains de la paix.
Les rebelles de la Séléka de Michel Djotodia ont transmis le pouvoir à un gouvernement civil en janvier mais cela n'a pas interrompu les opérations punitives des anti-balaka.
La menace est particulièrement grande dans le quartier PK12 à Bangui, dans les villes de Boda, Carnot et Berberati à l'ouest de la capitale et à Bossangoa dans le nord, selon Fatoumata Lejeune-Kaba.
"Nous craignons pour les vies de 19.000 musulmans dans ces localités. Le HCR se tient prêt à participer à leur évacuation vers des régions plus sûres à la fois dans le pays mais aussi à l'extérieur", a-t-elle précisé.
Plusieurs milliers de musulmans ont déjà fui la Centrafrique pour gagner certains Etats voisins ou chercher un abri dans des camps de réfugiés.
Au moins 60 personnes ont été tuées à Bangui depuis le 22 mars, principalement lors d'affrontements entre anti-balaka et musulmans, a précisé Cécile Pouilly, porte-parole du HCR.
"Compte tenu de la détérioration de la situation sécuritaire, nous demandons une fois de plus aux Etats de soutenir l'appel d'urgence lancé par le secrétaire général (Ban Ki-moon) en faveur de plusieurs milliers de casques bleus et de policiers supplémentaires", a-t-elle dit.
A Bruxelles, l'Union européenne a officialisé mardi la constitution d'une force de maintien de la paix de près de mille hommes, dont l'objectif sera d'assurer la sécurité dans Bangui et à l'aéroport de la capitale.
La force de l'UE, "Eufor RCA", restera autour de six mois et sera financée à hauteur de 26 millions d'euros initialement.
"Le lancement de cette opération illustre la détermination de l'UE à prendre part pleinement aux efforts internationaux pour rétablir la stabilité et la sécurité à Bangui et dans le reste de la République centrafricaine", a déclaré Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie des Vingt-Huit.
L'UE avait approuvé en janvier le principe de cette mission et espérait initialement que ses troupes commenceraient à arriver sur place à la fin février.
Un "mini-sommet" consacré à la situation en République centrafricaine est prévu mercredi à Bruxelles avant le sommet Union européenne-Afrique. Les représentants d'une trentaine pays et institutions internationales devraient prendre part à cette réunion coprésidée par François Hollande, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président de l'Union africaine, Mohamed Ould Abdel Aziz.
De son côté, le Conseil de sécurité de l'Onu a entamé lundi des discussions sur la création d'une force de maintien de la paix qui pourrait prendre le relais de la force de l'UA à partir du 15 septembre.
(Stephanie Nebehay à Genève et Justyna Pawlak à Bruxelles; Elizabeth Pineau, Pierre Sérisier et Eric Faye à Paris)
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