Le Parlement ukrainien ordonne le désarmement des groupes armés
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par Richard Balmforth
KIEV (Reuters) - Le Parlement ukrainien a ordonné mardi aux forces de sécurité de désarmer les groupes illégalement armés, au moment où la police fermait le siège du groupe nationaliste d'extrême droite Secteur droit à Kiev à la suite d'un incident qui a fait trois blessés.
Cette décision intervient au lendemain d'un appel lancé par les ministères des Affaires étrangères français, allemand et polonais aux autorités de Kiev, leur demandant de mettre en oeuvre les principes de l'accord du 21 février qui visait à mettre fin à l'affrontement entre les manifestants antigouvernementaux et le président de l'époque Viktor Ianoukovitch.
Cet accord prévoyait notamment la remise des armes détenues illégalement par les manifestants.
La Russie, qui a plusieurs fois demandé l'application de cet accord et le désarmement des groupes radicaux, s'est félicitée de l'appel lancé lundi soir par les trois ministres.
"C'est très important", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine, selon l'agence Interfax.
Lundi soir, la police s'est rendue dans un hôtel du centre de Kiev où Secteur droit, très actif dans le renversement du président Viktor Ianoukovitch en février, avait son siège pour le secteur de la capitale, après qu'un homme, présenté par la police comme un membre du groupe, a tiré, blessant trois personnes devant un restaurant.
L'incident s'est produit près de la place de l'Indépendance, appelée "Maïdan" par la population, qui fut l'épicentre du soulèvement contre le président Ianoukovitch.
La proposition votée mardi par le Parlement ukrainien évoque une "atmosphère criminelle" liée selon lui à des "provocations systématiques de la part d'étrangers dans les régions sud et est de l'Ukraine ainsi qu'à Kiev". Elle semble faire allusion par ces termes à la présence d'agents russes ou de provocateurs poussant à l'agitation dans certaines parties du pays.
"Le Parlement ordonne au ministère de l'Intérieur et à la sécurité d'Etat de désarmer immédiatement les groupes armés illégaux", dit-on dans le texte adopté par le Parlement.
"SABOTEURS"
"Seuls les membres des forces armées d'Ukraine, de la Garde nationale ou de la sécurité d'Etat (SBU) sont autorisés à porter des armes", a déclaré le président par intérim et président du Parlement, Oleksander Tourtchinov. Ceux qui n'entrent pas dans ces catégories "sont des saboteurs qui travaillent contre l'Ukraine", a-t-il ajouté.
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L'accord du 21 février a été signé par Viktor Ianoukovitch et ses opposants. Mais le président a fui Kiev et a été démis par le parlement le lendemain.
Quelques jours plus tard, les forces russes entamaient le processus de prise de contrôle de la Crimée qui a été formellement annexée par la Russie le 21 mars.
Secteur droit a été le premier groupe à utiliser la violence contre la police anti-émeutes de Viktor Ianoukovitch. Il a continué à l'utiliser bien après la fuite du président, ce qui ne fait pas les affaires des nouveaux dirigeants qui veulent établir le calme en vue de l'élection présidentielle du 25 mai.
Ils sont conscients que la Russie a intérêt à ce que l'Ukraine offre l'image d'un pays où régnerait l'anarchie au moment où elle tente de promouvoir une réorganisation de l'Ukraine en Etat fédéral dont les régions seraient autonomes et libres d'avoir des liens avec les pays de leur choix.
La Russie estime que les russophones d'Ukraine sont menacés par les groupes d'extrême droite qu'elle décrit comme des néo-fascistes. Elle accuse l'Union européenne d'encourager les manifestations et de ne pas montrer assez d'énergie pour persuader Kiev de museler ces groupes.
Les relations entre les autorités ukrainiennes et Secteur droit se sont tendues depuis la mort le 24 mars d'une figure du groupe, connue sous le nom de Sachko Bili, abattue alors que la police était venue l'arrêter dans la région de Rivne, dans l'ouest de l'Ukraine.
Lundi soir, les membres de Secteur droit ont accepté de quitter leur quartier général dans l'hôtel de Kiev sans leurs armes et ont été emmenés par la police en dehors de la capitale, a indiqué le ministre de l'Intérieur par intérim Arsène Avakov sur sa page Facebook.
Un suspect âgé de 33 ans a été arrêté, a précisé le ministère de l'Intérieur.
(Avec Natalia Zinets et Steve Gutterman à Moscou; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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